Roi des ronces (Le) par Yûji Iwahara - 2003
6 volumes (édition terminée) - Soleil Manga
6 volumes (édition terminée) - Enterbrain
Sens de lecture japonais - 130x180 mm - 7,50€
Pas de planning
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Le monde tremble depuis la découverte des premiers cas de Medusa. C'est le nom d'un terrible virus sans aucun remède connu, dont les porteurs savent qu'il ne leur reste que six semaines d'incubation avant que leur corps ne se fossilise. 160 malades ont été sélectionnés pour être cryogénisés puis réveillés quand le fléau serait vaincu. Parmi ceux-ci se trouve la jeune Kasumi, attristée par sa sélection qui l'oblige à abandonner sa jumelle Shizuku, également atteinte et qu'elle laisse donc à une mort certaine et solitaire. La cryogénisation se déroule néanmoins mais le réveil tant attendu est douloureux : les quelques survivants découvrent autour d'eux un bâtiment délabré rempli de ronces et de monstres voraces. Que s'est-il passé ?

Le roi des ronces est le premier manga de Yûji Iwahara à sortir en France, chez Soleil, suivi quelques mois plus tard par Asuka, proposant la dernière série de l'auteur, Nekoten. Un roi des ronces bénéficiant d'ailleurs d'un régime spécial puisque tout commence en juillet 2006 par la parution d'un premier volume colorisé par le studio GB One (avec l'aval de l'auteur), ne comptant alors que 128 pages. Cette édition spéciale, sans doute destinée à intéresser les lecteurs de BD couleurs rebutés par le noir et blanc des mangas, doit alors compter dix volumes au lieu des six de la version originale. Cependant, les ventes ne sont pas vraiment satisfaisantes, le nombre de pages augmente donc pour obtenir au final huit volumes... qui tardent d'ailleurs à sortir, le tome 6 étant toujours aux abonnés absents.
Et pendant ce temps-là, la version noir et blanc qui n'aurait dû être proposée qu'après la sortie complète de sa cousine colorée débarque en septembre 2007 et voit sa conclusion arriver en juillet 2008. C'est donc de celle-là dont il sera question ici.

Tous les ingrédients sont dès le début réunis pour tenir un manga prometteur piquant la curiosité : un mystérieux virus sans vaccin, des élus cryogénisés jusqu'à la découverte d'un remède, un réveil brutal dans un monde ravagé couvert de ronces et peuplé de bestioles à l'appétit insatiable et au régime alimentaire un peu sanglant... Difficile donc de résister à l'envie de tourner les pages sans s'arrêter, malgré une narration parfois un peu trop elliptique, jouant à fond la carte du storyboard épileptique d'un blockbuster de Hollywood, le cachet d'aspirine n'étant hélas pas offert avec le volume.
Les mystères s'amoncellent rapidement, les quelques réponses données apportant évidemment encore plus de questions... Le mangaka parvient à faire monter habilement la tension, sans pour autant se la jouer abondamment gore : il vaut mieux une grosse course-poursuite qui se termine sans trop de casses et laissant donc présager d'autres moments de stress claustro qu'un carnage sans nom ne laissant aucun survivant pour continuer l'aventure. Pas de crainte donc de rendre son petit dej à la lecture même s'il vaut mieux éviter de bouquiner un verre à la main si on veut continuer à pouvoir vite tourner les pages pour rester plongé dans l'intrigue.

Les personnages sont assez développés, même si au final on n'en sait pas énormément sur eux, en tout cas, juste ce qu'il faut pour comprendre leurs actes, ni plus ni moins. Leur passé, s'il n'entre pas directement en relation avec l'histoire, n'est pas dévoilé et permet donc de ne pas délayer l'intrigue à la Lost façon "flash backs dont on se fiche royalement, qu'il crève ce crétin de toubib...". Oups pardon, je m'égare...
Le personnage de Kasumi notamment est attachant - le coup des jumelles qui culpabilisent de ne plus pouvoir vivre ou mourir ensemble, ça marche quand même à tous les coups au point que ça en devient classique - dans sa quête pour dépasser ses peurs et ses limites dont elle a totalement conscience. Elle évolue, petit à petit, notamment par son attachement à Marco - les bad boys font toujours craquer les filles, c'est bien connu - qui l'oblige à se bouger au lieu de rester plantée dans un coin à attendre que Medusa fasse son oeuvre. Les autres survivants, s'ils n'ont pas forcément droit à un développement très important, gagnent quand même petit à petit en épaisseur, comme par exemple Catherin, devenant même plutôt touchante lors de la prise d'une décision assez... définitive, dévoilant une grande force de caractère.

Mais au delà des personnages, Le roi des ronces reste avant tout un manga d'action à l'intrigue menée tambour battant, avec moult révélations et sa dose de suspense. Par contre, le risque de ce genre de manga, c'est évidemment de foirer sa fin. Après avoir fait monter la sauce pendant six volumes, nous avoir dévoilé des miettes d'intrigue au fil des pages, il faut un final à la hauteur pour boucler la boucle... et le pari n'est que moyennement réussi. Certes, Iwahara évite l'habituel ratage d'une fin complètement pétard mouillé, avec son lot de secrets éventés depuis des pages ou de rebondissements artificiels et ultra-convenus. La fin, si elle tombe ici au bon moment - manga pas trop long ni trop court et le cheminement des volumes précédents a déjà soulevé une partie du voile - est ici plutôt brouillonne, avec une révélation tellement mal expliquée qu'elle n'en est pas vraiment frappante, laissant un arrière-goût de "Ah... euh... mouais...", donnant un finish pas vraiment satisfaisant . Pas de réel foirage mais on est à deux doigts d'entendre les personnages finir en disant "Bon, ben c'était sympa, on va se goinfrer une glace ?" comme si de rien n'était, pas traumatisés pour un sou, comme sortant de Bisounours-Land...
Bref, il manque quelque chose, un truc en plus qui aurait effectivement fait du Roi des ronces un manga "grande claque dans la gueule" au lieu de la série B divertissante mais limitée que même l'auteur reconnaît comme telle.

Heureusement, un des points majeurs de ce manga reste quand même son dessin, Iwahara ayant un style personnel maîtrisé très agréable à l'oeil, accrocheur, parvenant à donner un style approprié et recherché à ses personnages. C'est sans doute ça qu'on retient le plus du manga au final, donnant alors envie de voir s'il sera capable d'en sortir quelque chose de définitivement plus convaincant.

Droits images et couvertures: © Yuji Iwahara 2005 - publié au Japon par Enterbrain Inc., Tokyo


- des dessins totalement maîtrisés, un style personnel accrocheur et efficace, parfaitement adapté au contexte
- un scénario plutôt classique, mêlant mystères médicaux, gros secrets qui fâchent, complots, donnant vite envie d'en savoir plus
- des personnages diversifiés, plutpôt attachants
- une série ni trop longue ni trop courte, ayant su s'arrêter quand il le fallait, sans gros délayage
- une narration parfois un peu difficile, qui peut nuire à la lisibilité sans pour autant faire décrocher
- un final franchement moyen, pas satisfaisant, manquant d'envergure...

Le roi des ronces en reste à la petite série B divertissante à l'intrigue bien menée et au suspense plyutôt bien dosé mais à qui il manque un petit truc, dont une fin réellement à la hauteur, pour passer au stade de manga indispensable. Dommage mais ce n'est déjà pas si mal...


Nombre de volumes lus: 6 au 05-12-2008
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