Tensui, l'eau céleste par Kazuichi Hanawa -
2 volumes (édition terminée) - Sakka
2 volumes (édition terminée) - Kodansha
Sens de lecture japonais - 150x210 mm - 10,95€
Pas de planning
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Petite fille seule dans un Japon féodal difficile et violent, Natsumé rencontre un beau jour un lutin d'eau, espiègle créature gourmande qui va vite devenir son amie et lui permettre de faire face à quelques démons un peu trop installés dans le monde des humains.

Tensui, l'eau céleste est un manga en 2 volumes signé Kazuichi Hanawa. Un manga qui sera interrompu suite à l'arrestation et l'emprisonnement du mangaka pour possession illégale d'armes à feu en 1994, comme on peut le lire dans Dans la prison chez Ego comme X et Avant la prison chez Vertige Graphic.

Issu du magazine japonais de prépublication Afternoon, Tensui nous emmène en plein conte initiatique, dans la vie d'une petite fille devenue l'amie d'un kappa, un lutin d'eau, durant l'ère Heian (794-1185). Le duo doit alors faire face aussi bien à la cruauté du monde des humains qu'à celle du monde des démons, les deux univers étant très liés sans même que les simples mortels ne s'en rendent compte. Ainsi, les démons n'ont pas grand chose à faire pour trouver la faille d'un humain et s'y engouffrer avec facilité, s'y développant à loisir au travers des faiblesses de leur nouvel hôte : vanité, fourberie, haine, poids insupportable des obligations familiales... le choix est vaste.

L'ambiance bon enfant qui se dégage des premières pages cache en fait bien le jeu de l'auteur, adepte d'un trait rond et assez mignon. Un trait qui rend d'autant plus terrifiante la vision de l'enfer que nous sert le mangaka au fil des pages, notamment au cours du volume 2 où une visite complète du monde infernal nous est proposée, avec tous les détails les plus horribles et les plus durs sans pour autant avoir besoin d'en rajouter des couches de gore et d'hémoglobine. La vision qu'il nous offre est simple mais terrible, renouant peut-être avec son style de mangaka d'horreur qu'il était quelques décennies auparavant.
La petite Natsumé n'en ressort alors que plus fraîche et innocente, petit bout d'espoir dans un monde brutal et exigeant. Pourtant la petite fille est un simple être humain et renferme alors elle aussi son lot de mauvaises pensées qui sont le terreau idéal pour tous les démons du coin. Heureusement, son lutin d'eau n'a pas son pareil pour la tirer d'affaire même si ses pouvoirs ne sont finalement pas grand chose face à toute la force des mauvais sentiments, haine, ressentiment, désir de vengeance, etc. L'amitié qui les lie, totalement contre-nature, n'en apparaît alors que plus tendre et touchante.

Hanawa se plaît à teinter son récit de philosophie bouddhiste et animiste, simple et vivante, donnant corps et visage à des sentiments, des émotions, des sensations. Il ne sert à rien de chercher à les interprêter mais juste les prendre tels qu'ils sont, loin de tout rationnalisme à l'occidental. Et si certaines histoires laissent apparaître un gros manichéisme ne laissant jamais vraiment de doute sur le rôle du Bon et du Méchant, le dessin notamment jouant énorment sur l'expressivité du facies des personnages, il n'en résulte aucune impression de facilité sans intérêt tant le monde qui nous est présenté foisonne de merveilles. La multitude de monstres qu'Hanawa se plaît à mettre en scène est époustouflante d'imagination. Femme-serpent, enfant-démon, araignée contrôleuse d'esprit, démon buffle... la galerie est vaste et étoffée.
Très vite, la confrontation avec les démons qui était la base des premières histoires, très courtes, ne sera plus vaine puisque la petite fille pourra se mettre à la recherche d'un mère qu'elle croyait décédée. Une mère bien difficile à rattraper tant Natsumé semble attirer la poisse et tous les mauvais démons, ne cessant alors de la perdre pour mieux la retrouver puis la reperdre. Mais sa quête en compagnie de son lutin d'eau fera grandir la petite fille, lui permettant d'en apprendre plus sur elle-même et le monde qui l'entoure, la manière d'y réagir avec humilité, abnégation et force. Certes, les choses se terminent très vite dans le volume 2 puisque l'auteur ne pouvait plus continuer mais la fin ne laisse aucune amertume ni impression de ne pas avoir tout dit. Et le côté très sombre qui se dégageait de ce volume laisse finalement place à beaucoup de sérénité.

Droits images et couvertures: © Kazuichi Hanawa 2003 - publié au Japon par Kodansha Ltd., Tokyo


- un dessin aux traits fins et précis, détaillés sans perdre en lisibilité
- une ambiance bonne enfant qui cache un côté assez dur
- une plongée dans un monde animiste et bouddhiste étonnant de simplicité etd e naturel
- des personnages attachants, liés par une relation tendre et touchante
- une galerie de monstres originale et complète
- un côté parfois assez manichéen mais qui n'entache pas vraiment ni le rythme ni l'ambiance du manga

Tensui est un conte original, nous plongeant totalement dans un univers où foisonnent démons et autres monstres, réussissant le pari de nous immerger dans une culture totalement étrangère à la nôtre tout en parvenant à nous faire ressentir les mêmes émotions universelles, à mettre en image les mêmes peurs enfantines. Un style plutôt unique, hors-norme mais qui parvient, par sa simplicité et sa sincérité, à dépasser les différences culturelles.


Nombre de volumes lus: 2 au 18-12-2006
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