Kamiyadori par Kei Sanbe - 2004
5 volumes (édition terminée) - Kurokawa
5 volumes (édition terminée) - Kadokawa shoten
Sens de lecture japonais - 128x182 mm - 6,50€
Pas de planning
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Dans la ville, une femme se transforme devant ses enfants en monstre. La porte-parole du traqueur donne déjà ses indications et les Squadra sont sur place pour endiguer toute contamination. Parmi eux, Gilard "le bras droit" surnommé "Lefty" et Vivi son "gadget", deux redoutables combattants face à qui aucun monstre, ou "Kamiyadori", n'a la moindre chance. Le travail est bouclé, la zone déjà en cours de "remise à zéro".
Mais ce quotidien, violent et désabusé, n'est peut-être pas sans espoir d'un avenir meilleur et beaucoup de mystères restés cachés depuis longtemps sont à découvrir...

Kamiyadori est un manga en 5 volumes de Kei Sanbe, qu'on avait pu déjà découvrir chez Vegetal/Soleil avec Testarotho.
Au programme : castagne et réflexion. Car Kamiyadori est un manga qui bouge mais qui demande aussi beaucoup d'attention tant son intrigue est complexe et dense. D'une part de par les divers partis en présence dont on ne sait évidemment jamais trop ce qu'ils manigancent réellement. D'autre part de par le virus qui transforme les humains en Kamiyadori, monstres dégénérés demandant toujours instamment qu'on les achève plutôt que de les laisser souffrir le martyr et contaminer d'autres personnes.

Ce virus est complexe car on sait peu de choses de lui à part qu'il connaît plusieurs stades de développement, le dernier se terminant irrémédiablement par la mort du malade sous les balles explosives des Squadra, les brigades d'intervention spécialisées. Mais la cohabitation avec lui n'est pas impossible pour l'être humain, permettant même, si on parvient à le contrôler, à développer des capacités extraordinaires chez son hôte. On parle même d'étudier la symbiose plutôt que de ne suivre que la voie de l'extermination totale.
Un contaminé n'est donc pas forcément condamné à une mort éclair et douloureuse... mais selon la réaction de son corps face au virus, son destin sera différent : finir sa vie dans les temples de cloisonnement ou dans un labo n'a sans doute rien de vraiment enviable...

Mais si c'est la mort qui semble au premier abord dominer l'horizon des personnages de Kamiyadori, la vie reste la grande gagnante. Comme on le voit tout au long du manga, malgré les cadavres qui tombent comme des mouches (enfin, plutôt les cendres restant de la combustion spontanée de leur corps contaminé), l'énergie de vivre reste la meilleure arme de l'humain face à un destin qui serait sinon bien morbide. Les adultes continuent de donner la vie malgré la menace, les enfants jouent, espèrent, survivent, bref le quotidien continue malgré tout.

Si le début du manga aurait pu faire croire qu'on se retrouvait là face à une société totalitaire aux méthodes expéditives sans âme ni remord, on se rend vite compte que ce n'est pas si simple. Ainsi, Gilard et sa coéquipière Vivi, sauvageonne du genre efficace, tuent mais en toute conscience. Trop facile de se cacher derrière l'excuse du "ce n'est plus un humain mais un kamiyadori que j'exécute" car comme le dit Gilard, quand on presse la détente, il y a toujours un humain qui meurt. Ainsi, les morts s'accumulent mais jamais gratuitement, sans état d'âme.

Gilard prend sa mission comme la sale besogne que quelqu'un doit bien accomplir pour la survie des autres, au moins jusqu'à ce qu'une autre solution soit trouvée. Mais il n'hésite pas non plus à tout faire pour sauver sa cible avec un remède s'il pense cela possible. Certes, nous voilà face au classique héros tourmenté, ayant choisi une autre route après un drame du passé mais Sanbe parvient à en faire un personnage efficace, complexe et humain dont on découvre la vie et les secrets au fur et à mesure, permettant de mieux saisir les raisons de ses choix et de ses doutes.
Quant à Vivi, elle s'avère durant les combats un adversaire impitoyable n'hésitant jamais une seule seconde à presser la détente. Mais pour autant, durant les phases du quotidien, elle ne se pose aucune question face à quelqu'un dans le besoin et l'aide spontanément, réagissant comme une enfant, sans aucune arrière-pensée ou un quelconque calcul d'intérêt. Elle ne réagit qu'à l'instinct, ayant appris au fil de ses jeunes années - pas forcément évidentes du fait de son appartenance au peuple rojek - à ne compter que sur son ressenti et ses habiles talents.
Si les Squadra tuent et atomisent le moindre être vivant susceptible de développer la maladie, presser la détente n'est jamais montré comme la solution de facilité. Autant les contaminés devenus kamiyadori sont soulagés de voir leurs souffrances bientôt terminées, autant ceux qui doivent faire le sale boulot n'espèrent qu'une chose : que ce soit quelqu'un d'autre qui s'en charge. Ainsi, le fait de tuer n'est jamais anodin comme on le voit souvent dans des mangas de canardage classique où seul compte bien souvent le côté classe du héros.

Autre élément qui détonne un peu dans ce style de manga : le fan service. Certes, les personnages féminins (jamais godiches ou juste là pour se faire sauver par le beau héros, ce qu'elles n'apprécieraient sans doute pas vu leur fort caractère) sont souvent avantageusement dotés par la nature, et certaines n'hésitent pas spécialement à se balader en tenue d'Eve. Mais jamais ce n'est utilisé de manière glauque ou lourde et il n'y a même aucune scène chaude dans les cinq volumes.
On peut alors se demander si cela explique la fin du manga... En effet, les dernières pages du cinquième volume terminent la série de manière très ouverte.
Certes, on peut facilement s'en contenter mais tout de même, le mangaka ne semblait pourtant pas parti vers cette issue vu le nombre de pistes mises en place en cours de route et finalement non résolues : entre les plans de certaines hautes instances à découvrir, certains personnages à retrouver et le passé d'autres à expliquer, sans oublier ce fameux virus dont tant de secrets restent à percer, il y avait encore largement de quoi faire.
Néanmoins, on a déjà obtenu beaucoup de réponses sur les principaux personnages, devenant de plus en plus fouillés et attachants au fil des découvertes. Et le mangaka aura en tout cas réussi à éviter la fin bâclée en quatrième vitesse, permettant ainsi de garder malgré cette coupure un peu brusque un bonne impression sur l'ensemble de la série.

Petite note sur les couvertures : observez bien les couvertures japonaises, françaises et américaines du volume 4, vous y noterez une subtile différence, sans doute due au jeune âge apparent du personnage (les allemands se sont posés beaucoup moins de questions d'ailleurs)... Il faut reconnaître que les couvertures sont beaucoup plus aguicheuses que le contenu.

Droits images et couvertures: © Kei Sanbe 2006 - publié au Japon par Kadokawa Shoten Publishing Co., Ltd., Tokyo


- un dessin précis, maîtrisé, efficace, bien lisible même dans les phases de combat
- canardage bien sauvage mais aussi réflexion qui l'accompagne, les personnages cherchant un sens à ce qu'ils vivent, ne dézinguant pas à tour de bras juste pour le plaisir de flinguer
- des personnages donc bien plus travaillés et complexes qu'on pourrait le croire au départ, devenant attachants dans leurs doutes et les choix difficiles qu'ils ont à faire
- une intrigue très riche et dense
- une bonne dose d'humour
- pas de fan service inutile
- un intrigue vraiment très dense et pas forcément simple à suivre
- un humour parfois un peu lourdingue
- une fin ouverte qui ne répond pas à toutes les intrigues

Mêlant assez habilement combats rythmés, intrigue complexe, réflexions sur les choix de l'humain face à sa survie et la responsabilité de ses actes, personnages plutôt attachants avec en bonus un brin d'humour qui évite tout risque de trop de sérieux, Kei Sanbe sera finalement parvenu à proposer avec Kamiyadori un manga prenant et efficace.


Nombre de volumes lus: 5 au 30-10-2007
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Mozahic
04-11-2009
   Très bon manga, dessin hyper soigné et fluide (avec une influence limite "tribale"), l'histoire est prenante dès le début et les 2 persos principaux sont très attachants ! Seulement 5 tomes..: à la fois ça fait plaisir d'avoir une série qui ne prend pas toute une étagère :) et à la fois ça fait un poil court surtout que l'intrigue est complexe (avouons le : pas toujours très claire) et comme dit dans l'article, la fin est un peu décevante mais sans pour autant détruire l'histoire. J'aurais envie de dire que si vous aimez la couverture, vous aimerez le manga.. (mais faites chauffer vos neurones) :D

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