My Street par NIE Jun - 2006
3 volumes (édition arrêtée) - Xiao Pan
5 volumes (édition terminée) - Jamais publié en Chine
Sens de lecture français - 145x210mm - 7,50€
Pas de planning
Couvertures françaises

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Maoye, petit immigré asiatique dans cette si grande ville, en a marre de son quotidien de petite frappe dans une bande minable. Voilà ce qui le décide à les balancer aux flics, se mettant alors à dos ses ex-collègues pas très heureux de l'initiative. Mais la guerre des gangs intervient au bon moment, permettant au jeune homme de s'en tirer... à peu près. Le voilà entre les mains de la vieille folle aux abeilles qui va lui raconter une étrange histoire, celle de Huang et Cai, se rencontrant à l'asile de fous pour mieux s'en échapper...

Le manhua, ou BD chinoise, ne se limite pas aux combats d'arts martiaux ou de sabre sur fond de légendes séculaires, le tout en couleurs. Ainsi le prouve Nie Jun, un auteur dont Xiao Pan commence par nous proposer sa dernière oeuvre, My street, prévue en 5 volumes, avant de lancer Diu Diu son précédent titre en 3 volumes, le tout en noir et blanc.

L'univers de My street est original, entre onirisme, rues crasseuses, guerres de bandes maffieuses, vengeance de petite fille et contes tristes, le tout se mêlant avec justesse sans qu'on puisse savoir à qui appartient quoi. Un univers qu'on pourrait rapprocher de celui de Taiyou Matsumoto, libre, sans limite, un peu fou, débordant d'une poésie parfois cruelle, prenant place dans les bas fonds d'une société, parmi ses jeunes paumés qui ne savent pas de quoi leur vie pourrait bien être faite, se heurtant à des décisions aux conséquences toujours extrêmes.
Ainsi, le propos de Nie Jun n'a rien de rose bonbon : son trait a beau être très propre, précis, élastique, ayant sa vie propre, son abondance de détails sur tous les plans enrichit la narration au point de la rendre délirante, pas évidente à suivre, nous invitant à rentrer tout entier dans son univers si l'on ne veut pas être laissé au bord de la route au bout de quelques pages. Une lecture exigeante poussant à la relecture, pour mieux apprécier et comprendre chaque scène puisqu'on y découvre à chaque fois des éléments nouveaux qui prennent alors tout leur sens.
L'univers mis en scène est plutôt noir et désespéré même si toujours, une petite flamme de vie semble vouloir subsister malgré toutes les tempêtes, guidant ces jeunes souhaitant juste vivre paisiblement, découvrant un amour non-dit, un attachement pour l'autre si inattendu dans ce monde si rude.
L'histoire proposée est à plusieurs niveaux puisque derrière la fuite de Maoye et Petite Fleur se déroule, par conteuse déterminée interposée, la folle épopée de Huang et Cai. Leurs deux histoires se mêlent alors au fil de la lecture, nous baladant dans un monde différent et pourtant si proche, avec ses guerres de gang et son racisme latent, un monde où l'immigré n'a aucun droit, aucune existence, sans pour autant qu'on sente le moindre fond de bonne morale pesante.

Les sentiments explosent sans jamais agresser, prennent au visage sans jamais s'imposer violemment : les personnages vivent, existent, prennent forme par delà leurs différences avec nous, sachant se rendre proches dans leurs préoccupations par delà des dialogues jouant sur la poésie des mots, recherchés sans jamais être lourds. Par delà un univers qui ne ressemble à rien de connu, surréaliste sans jamais en faire trop au point de nous abandonner. Malgré un propos plutôt froid et guère joyeux, quelques instants plus légers évitent totalement de rendre la lecture indigeste ou déprimante, juste soutenue et exigeante.

Bref, l'auteur ne se donne aucune limite dans son travail de conteur tout en semblant savoir pertinemment où il va. M ême s'il se plaît à laisser le lecteur dans l'expectative sans jamais le perdre pour autant. Dessin original qui fait glisser l'histoire avec délicatesse, scénario décalé, prenant et complexe sans jamais être incompréhensible, galerie de personnages hauts en couleurs, attachants dans leurs différences et leurs émotions pourtant si palpables...
En deux volumes plutôt fins, à peine 110 pages, Nie Jun parvient à créer un univers particulièrement dense, libre mais totalement cohérent et homogène, nous invitant à rejoindre les fuites effrénées de ces quatre adolescents perdus dans une société aussi oppressante que déshumanisante. Voilà une réelle bouffée de sensibilité, de fraîcheur et d'originalité dans les rayons BD asiatiques des librairies... Ce n'est pas si courant !

Xiao Pan disparaît fin 2011, la série s'arrête donc après 3 tomes, sur les 5 prévus.

Droits images et couvertures: © Nie Jun 2006


- un dessin très typé, élastique, original qui met tout de suite dans l'ambiance unique du manhua
- des personnages auxquels on apprend à s'attacher, au fil de leurs galères
- un scénario complexe, jouant sur plusieurs niveaux
- tout est très libre, il est donc facile de vite s'y perdre

Un style très libre ne s'encombrant d'aucune règle, poussant le lecteur à s'immerger totalement dans les aventures de ces jeunes paumés résolus à vivre... Pas joyeux mais jamais déprimant, sachant être frais et original.


Nombre de volumes lus: 2 au 01-12-2006
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Antonio R.
19-04-2007
    J'ai l'impression que le publique français est en train de passer à côté de ce magnifique manhua, ce qui est fort regrettable. Le patte graphique de My Street est très personnelle et m'a tapée dans l'oeil dès les premières pages. L'évolution de la BD chinoise étant peu connue sous nos lattidudes, on a du mal à cerner les références de l'auteur. Et c'est tant mieux! Le style de Nie Jun possède une certaine filiation avec l'art de rue. Ses personnages seraient ils des B Boys à la chinoise? Toujours est il que ses planches sont cohérentes et qu'elles retranscrivent un univers à part entière. Le scénario est lui aussi très original, avec cependant des difficultés de compréhension qui surviennent ça ou là. Certains enchainement sont un peu confus, et les textes ne sont pas toujours très explicites. Sans incriminer Xiao Pan qui fait un travail remarquable, My Street n'est peut être pas déservi au mieux par son édition française, au niveau du format et de la traduction.
La comparaison avec Taiyou Matsumoto est très bien vue, My Street révèle un auteur nageant à contre courant et qui mérite une place dans toutes les mangathèques digne ce nom.

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