Dororo par Osamu Tezuka - 1968
4 volumes (édition terminée) - Akata/Delcourt
4 volumes (édition terminée) - Shogakukan
Sens de lecture japonais - 130x180 mm - 7,95€
Pas de planning
Couvertures françaises

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Dans un Japon féodal... Le seigneur Daigo est avide de pouvoir et prêt à tout pour en obtenir. Il en appelle alors aux démons d'un sanctuaire, leur promettant son fils à naître en contrepartie de leur aide pour devenir maître du pays. Ainsi, le pacte est scellé et le jeune Hyakkimaru naît sans 48 parties de son corps, prises par les démons. Abandonné par sa famille au fil de l'eau, il ne doit son salut qu'à l'aide d'un médecin qui le prendra en pitié et le dotera de membres artificiels. Le jeune garçon grandit en développant alors des pouvoirs lui permettant de pallier à ses nombreux handicaps. Mais il rêve d'être comple et doit pour cela traquer les 48 démons qui se sont servis de lui...

Dororo est un manga d'Osamu Tezuka débuté en 1968 dans le Weekly Shônen Sunday de l'éditeur japonais Shogakukan. Comme le mangaka l'explique dans la postface du volume 4, Dororo est né suite au succès du mangaka Shigeru Mizuki notamment avec Kitarô le repoussant (à venir chez Cornelius, après NonNonBâ et 3 rue des mystères), mettant alors en scène les yôkai, les esprits et êtres surnaturels issus du folklore japonais. Dororo sera donc un mélange de combats de samouraï, de yôkai possédants les humains et de contestation sociale.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le héros de cette histoire n'est pas vraiment le bébé abandonné par sa riche famille après s'être fait voler avant sa naissance 48 parties de son corps par des démons, enfant jeté en pature aux forces démoniaques par un père assoiffé de pouvoir. Lui s'appelle Hyakkimaru, combattant solitaire que le destin tragique n'aura pourtant pas rendu aigri et haineux. La confrontation est son quotidien mais lui n'aspire qu'à une vie heureuse, à un idéal qu'il sait quelque part mais sans oser pouvoir le chercher tant qu'il ne se sentira pas entièrement humain. Compléter son corps est son unique but, risquant alors de perdre toute envie de vivre une fois sa tâche accomplie. Encore faudrait-il y arriver...
Mais celui qui ne manque pas de force de caractère, c'est bien l'agile Dororo, celui qui se proclame le roi des voleurs, gamin ayant dû surmonter les pires traumatismes sans jamais perdre son temps à s'apitoyer sur lui-même, préférant encore et toujours vivre malgré tout. Un gamin véritablement attachant par sa volonté à tout dépasser, à tout aimer même en s'en cachant, à se faire aimer également, lui qui n'aura connu que tristesse dans sa courte vie. A lui tout seul, il représente l'esprit que Tezuka insuffle à la plupart de ses récits, une humanité simple et chaleureuse, acceptant les épreuves pour mieux pouvoir les affronter. Pas de complaisance car l'humain n'y est pas montré sous le plus beau des jours : ainsi, les villageois aidés par le duo les renvoient ensuite en les traitant de monstres, une fois qu'ils n'ont plus besoin d'eux.
Hyakkimaru et Dororo sont en lutte contre l'ordre samouraï de leur époque mouvementée où les seigneurs de guerre régnaient sans partage sur le Japon, ne cessant de se battre les uns contre les autres au dépend du peuple, juste bon à prendre les flèches perdues. La haine engendrée est le terreau idéal pour des yôkai souhaitant se mêler aux vivants. Tezuka en profite alors pour développer tout un discours de contestation sociale où le faible se rebelle contre le fort, refusant un destin misérable que sa naissance aurait choisi pour lui. Ainsi, il ne cherche jamais à dater son récit, ne cessant d'y faire apparaître nombre d'anachronismes qu'ils soient dans le langage (combien de références utilisées par Dororo n'appartiennent pas à son époque ?) ou le dessin même, se jouant des règles avec humour et auto-dérision.
Tezuka ne cherche pas à moraliser, juste à raconter sans intellectualiser. Son dessin est toujours simple et évident et sa narration recherchée, jamais vieillie, le mangaka n'hésitant jamais à se jouer des cases et des plans pour donner plus de rythme à un récit déjà fouillé et dense sans être épuisant pour autant.

Il n'en reste pas moins que tout le potentiel développé dans Dororo se retrouve quelque peu gâché par une fin où l'on sent Tezuka de moins en moins intéressé par son histoire, celle-ci devenant de plus en plus noire. Le 4ème volume se termine donc dans le vide, avec bon nombre de questions qui resteront sans réponse.

Droits images et couvertures: © Tezuka Productions 2006



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