Diamonds par Erica Sakurazawa - 1997
1 volume (édition terminée) - Kankô
1 volume (édition terminée) - Shodensha
Sens de lecture japonais - 105x150mm - 6,90€
Pas de planning
Couverture japonaise Couverture française

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Riko est une ado sans histoire, végétant entre le lycée et son copain Yûji. Mais son amie Michiru lui propose de l'accompagner lors de ses rencontres avec un homme d'âge mûr, prêt à leur offrir tout ce qu'elles veulent. D'abord réticente, Riko finit par céder sous les encouragements de Yûji, content de pouvoir gagner de l'argent facilement. Mais la relation qui va se nouer entre elle et Monsieur Dôjima, riche homme d'affaires, est étrange, entre manipulations et attachement peut-être plus sincère, en tout cas ambigu. Encore plus quand se mêle au duo Ayako, la copine de Dôjima, tout à fait au courant des activités de son partenaire.

Après Asuka (Entre les draps, Body and soul, Crash) et avant Kana (Angel), c'est Kankô (branche manga de Milan) qui propose dans la salve de ses trois premiers titres un nouveau manga d'Erica Sakurazawa, Diamonds (datant de 1997). On y retrouve le même trait minimaliste et les mêmes sujets qui semblent tant intéresser la mangaka, à savoir la quête de personnages paumés vers une vie pas forcément meilleure mais en tout cas plus en accord avec eux-même.
Si dans Crash (datant de 1999), c'était le milieu du mannequinat qui était mis en scène, on en reste ici au simple quotidien d'une lycéenne ne sachant pas trop ce qu'elle veut. D'un côté, son petit ami avec qui elle n'a jamais rien partagé à part un lit et qui ne semble intéressé que par les avantages d'avoir une copine manipulable qui plaise aux quinquagénaires. De l'autre, une amie adepte des plans foireux sans vraiment en assumer les conséquences. Au milieu, la jeune Riko qui se met alors à jouer à un jeu plutôt malsain. On appelle ça l'enjô kosai, une instrumentalisation du fantasme du salary man de 50 ans fasciné par les lycéennes en jupette et prêt à leur donner beaucoup d'argent pour passer du temps avec elles... voire beaucoup, beaucoup plus.

Certes, Sakurazawa n'évite pas le cliché : dans Crash, elle nous faisait le coup du milieu du mannequinat bourré d'arrivistes ambitieux prêts à coucher avec n'importe qui pour réussir avec son lot de fêtes tous les soirs et alcool à gogo. Ici, elle nous sert l'enjô kosai, phénomène très médiatisé (sans oublier la sortie en boîte avec des inconnus amateurs de filles droguées au GHB...).
Mais son utilisation d'un thème plutôt bâteau lui permet de se concentrer sur les personnages en eux-même, exprimant alors leurs doutes et leurs faiblesses dans une société ultra-exigeante où on ne doit montrer que ses forces, son pouvoir. Le pouvoir d'une lycéenne en uniforme face à un homme d'âge mûr prêt à débourser beaucoup d'argent, sa source de pouvoir à lui, pour lui offrir sacs de marque ou vêtements de luxe, sans aucune considération morale, selon la loi du "tout s'achète si on y met le prix".

Mais surtout l'histoire va plus loin qu'un simple marchandage de chair fraîche puisque l'homme qu'elle rencontre n'apparaît pas spécialement comme le pervers repoussant abordant les filles dans la rue. A la manière du héros de My fair lady (auquel il est fait référence dans le manga), il veut faire de Riko son Eliza, le vilain petit canard à modeler et transformer en cygne. La voyant comme une petite fille, il espère la façonner à sa manière pour en faire une femme adulte dont il pourra faire sa fierté.
Pour autant, il n'apparaît pas comme déplaisant, ne faisant que suivre toujours le même modèle, ayant déjà tenté de régenter toute la vie de son fils, ne parvenant jamais à laisser ceux de son entourage évoluer à leur manière, sans même vraiment se rendre compte de ce qu'il fait. Commençant à se poser des questions sur sa manière de voir les choses, Riko finira par s'apercevoir de cette manipulation insidieuse ce qui lui permettra de se dégager de cette étreinte réconfortante et facile mais étouffante et lourde de responsabilités. Elle choisit finalement d'évoluer à sa vitesse, selon ses propres critères, même si cela lui prendra plus de temps. Commençant alors enfin à réfléchir et décider par elle-même, assumant la conséquence de ses actes. Avançant un peu plus sur le chemin de l'âge adulte.

A noter également un format bunko (poche) pas désagréable, ne gênant pas la lecture, notamment grâce à la souplesse du livre en lui-même (et à un prix plutôt raisonnable pour le format).

Droits images et couvertures: © Erica Sakurazawa 1997 - publié au Japon par Shodensha


- des personnages pas forcément attachants mais qui donnent tout de même envie qu'on les découvre un peu plus
- des relations complexes et plutôt travaillées, pas forcément si prévisibles et évidentes
- un dessin vraiment minimaliste... on aime ou pas
- quelques gros clichés

Bref, s'il n'évite pas les clichés et les facilités, Diamonds dresse un portrait de fille pas forcément original mais plutôt sensible et presque pudique dans la narration de ses émotions, en décalage avec la crudité des rapports physiques.


Nombre de volumes lus: 1 au 12-12-2006
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