Made in heaven par Ami Sakurai / Yukari Yashiki - 2003
2 volumes (édition terminée) - Asuka
2 volumes (édition terminée) - Gentôsha
Sens de lecture japonais - 127x 182 mm - 6,50€
Pas de planning
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Reiji n'aurait pas dû survivre. Bien que s'étant pris de front un poids lourd alors qu'il était à vélo, il a la surprise de se réveiller tandis que le médecin lui explique que sa vie a été sauvée grâce aux technologies les plus modernes. Certes, ses organes, sa peau, ses yeux... presque tout son corps est désormais synthétique mais il vit, sous le nom de Kazemichi. Une renaissance qui lui permet de rencontrer Juri, de découvrir l'amour.. mais pour quel avenir ?

Made in Heaven est un manga en deux volumes d'Ami Sakurai et Yukari Yashiki. Pour être exacte, il s'agit en fait de deux one-shots intimement liés : le premier, Kazemichi, propose le début de l'histoire du point de vue du "héros", le second, Juri, propose la suite du point de vue de l'héroïne. L'un ne va donc pas sans l'autre. Il s'agit en fait de l'adaptation d'un roman d'Ami Sakurai.

Mais l'histoire est déjà plus linéaire qu'on aurait pu le croire au premier abord : on ne revit pas les mêmes scènes des deux points de vue (hormis quelques exceptions), il s'agit bien d'un début et de sa suite tout ce qu'il a de plus chronologique. Cela n'empêche pas la narration d'être parfois un peu confuse ou vague, hâchant un peu le rythme puisque l'on ne sait pas toujours où on en est. Rien d'insurmontable néanmoins, on pourrait presque dire que cela traduit le désordre sentimental et moral des personnages. Mais parlons-en, de ceux-là, justement...

Kazemichi et Juri se définissent l'un et l'autre comme des "cyborgs" (littéralement parlant ou pas, d'ailleurs...), des êtres vides incapables de réellement ressentir la moindre émotion. Ce qui, hélas, correspond assez bien à ce que peut ressentir le lecteur au fur et à mesure qu'il tourne les pages : aucun des deux personnages ne dégage vraiment quelque chose, enveloppe vide se morfondant dans ses éternelles questions, ses doutes sur sa vie et son existence, questions qui restent toujours superficielles et creuses. Jamais on ne les sent réellement vibrer, ce qui est tout de même gênant là où l'on nous parle d'un amour fort et passionné, capable de dépasser la souffrance et la mort. Pas vraiment de rage de vivre, d'énergie mais beaucoup de discours. On en découvre un peu sur chacun, sur son passé, ce qui l'a amené à se couper du monde, petit à petit mais de manière tellement neutre, avec tellement de recul, qu'on ne ressent pas grand chose malgré l'accumulation (un peu lourde...) des coups durs que nos deux tourtereaux auront subis dans leur vie. Sans oublier les coucheries diverses et variées sans âme, sans émotion, sans quoi que ce soit qui se dégage réellement, chacun passant d'une gâterie à une autre comme s'il allait acheter une laitue à l'épicerie du coin...
De même,
la pseudo-machination qui se dévoile au fil des pages n'a rien de réellement mystérieuse, s'avérant vite prévisible. Les liens qu'on nous décrit comme forts ou haineux entre les personnages apparaissent plutôt tièdes, assez lisses, pas réellement très développés à l'image de ces personnages secondaires effleurés, qu'on essaie de nous faire passer comme moralement instables et qui ne dégagent là encore pas grand chose à part beaucoup d'ennui, à vouloir se la jouer "gros rebelle qui trouve que la société, elle est vraiment pas cool !". Difficile de s'attacher à qui que ce soit...

La renaissance de Kazemichi en début du premier volume aurait pu faire croire qu'on allait aborder le thème de l'humanité, le jeune homme s'interrogeant alors sur ce qui reste d'humain en lui, ce qui fait de lui ce qu'il est, son âme... Question finalement rapidement évacuée, à peine effleurée (à la rigueur, Juri se pose plus de questions à ce sujet que Kazemichi, ce qui est tout de même un comble... et rend cette pauvre Juri encore plus ennuyeuse que son compagnon d'infortune). C'est ainsi pour tout le manga, les personnages n'allant jamais jusqu'au bout, ne vivant jamais vraiment rien, passant d'un sujet à un autre sans qu'on sache forcément vraiment pourquoi.

Reste tout de même un dessin manquant d'expressivité mais pas désagréable à l'oeil (tout de même, tous les personnages ont toujours la même tête) et une dernière page cliché au possible mais capable d'enfin déclencher une réelle (mais petite) émotion.
Un manga donc quelque peu tiède, convenu, manquant cruellement d'émotion là on pouvait s'attendre à quelque chose de tellement plus fort, intense et vibrant...

Droits images et couvertures: © Yukari Yashiki / Ami Sakurai 2003 - publié au Japon par Gentôsha comics Inc., Tokyo



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Anonyme 17-09-2007
   Je me retrouve complètement dans ce qu'a écrit Morgane: la lecture de Made in heaven m'a beaucoup ennuyée, j'ai mis du temps à finir cette courte série tant j'avais du mal à me plonger dans sa lecture! Je ne me sentais pas intéressée par les protagonistes, trop froids, trop "robotisés", ce que Morgane a déjà bien expliqué... Mettre en scène des situations dramatiques ne suffit pas pour rendre une histoire bouleversante (à moins d'être peu exigeant); c'est ce qu'illustre Made in heaven.
A l'époque, Asuka présentait leur nouveau "Juri" de manière élogieuse; j'ai été tenté, car j'avais été séduite par leurs précédents choix éditoriaux (Piece of cake, Setona Mizuchiro...). J'ai été bien déçue, et depuis je lis avec réserve les textes présentant leurs mangas...

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