Bambina par Masaomi Kanzaki - 2006
3 volumes (édition terminée) - Doki-Doki
3 volumes (édition terminée) - Akita shoten
Sens de lecture japonais - 127x180 mm - 6,95€
Pas de planning
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Yûtaro est amoureux. Mais comment déclarer sa flamme à l'élue de son cœur quand on a la réputation, tout à fait justifiée, d'être un petit puceau un peu obsédé incapable de gérer une relation amoureuse ? Cela devient d'autant plus compliqué quand Yû voit la fille de ses rêves se faire tripoter par un autre, là, sous ses yeux, alors qu'il avait enfin pris tout son courage pour oser déclarer sa flamme... Dégoûté, frustré, furieux, rien de tel qu'un rendez-vous nocturne avec sa main droite pour le défouler. Mais la machine a des ratés quand l'amour entre en scène, même s'il s'agit d'un amour déçu... Débarque alors Bambina, déesse de l'amour de son état, qui va tenter d'aider ces piteux êtres humains à y voir un peu plus clair dans le ballet de leurs sentiments...

Bambina est un manga en 3 volumes de Masaomi Kanzaki, déjà connu en France pour Flag Fighters (chez Manga Player), Bio Xenon et Hagane (chez Panini Manga, Hagane n'ayant d'ailleurs jamais été terminé). C'est Doki-Doki cette fois-ci qui nous propose de découvrir une autre facette du mangaka, puisqu'il s'agit ici d'une comédie romantique.
Evidemment, une comédie romantique prépubliée au Japon dans un magazine comme le Young Champion n'en restera sans doute pas aux mignonnes amourettes platoniques, place donc à son lot de filles nues, de poses lascives et autres fan service à gogo. Oula...

Et pourtant... Pourtant Kanzaki parvient là à nous proposer une histoire terriblement attachante, commençant sur une bonne dose d'humour déjanté avec ses mots crus et ses allusions pas fines mais tellement énormes qu'elles en deviennent hilarantes. Pensez donc, voilà encore un gros puceau dont les relations avec le sexe opposé en sont toujours restées à des rateaux mémorables teintés d'une bonne dose de mépris et de rejet pur et simple de la part des quelques donzelles qui auraient eu la malchance de croiser sa route. Pas pour rien si notre malheureux adepte du plaisir solitaire, activité qu'il a quasi elevée au statut de compétition sportive dont il serait le champion, est le leader du groupe des "Pure Lovers", regroupant les losers de sa classe, à savoir ses quatre meilleurs potes n'ayant pas franchement la cote avec une gent féminine qui les fuit comme la peste... même s'il y en a un parmi eux qui fait un peu tache, de par son côté beau gosse sans doute.
Mais voilà, derrière ce regroupement de ratés des relations amoureuses se cache en fait une belle bande de copains liés par une sacrée dose d'amitié, adeptes des plans foireux pour tenter un jour de mieux comprendre cette espère si compliquée, les filles, sans jamais pour autant énerver malgré leur incompétence à savoir ce qu'il faut faire quand il faut. Ils sont simplement humains et ont mine de rien le courage d'aller jusqu'au bout, même si l'issue reste toujours la même, le mur des rateaux...

Quoi de mieux alors qu'une déesse de l'amour pour les aider dans leur quête de leur première fois ? Mais Bambina n'est pas vraiment une déesse de l'amour comme les autres, rebelle rejetée par ses collègues pour ses idées jugées un peu trop subversives, allant jusqu'à risquer de faire perdre aux divinités leur statut d'idôle. Et ça ne rigole pas, là-haut, avec l'adoration et la hiérarchie divine, la belle doit donc faire ses preuves pour sa dernière chance après 300 ans de captivité qui doivent normalement lui avoir fait entendre raison.
Bambina déboule donc sur terre avec la légèreté d'un diplodocus dans un magasin de porcelaine, déesse un peu maladroite n'ayant pas forcément une très bonne opinion des humains mais ayant tout à apprendre à leur contact, surtout à celui de Yûtaro. Elle découvre alors le monde avec des yeux candides, apportant avec elle une sacrée dose de fraîcheur dans un monde souvent trop sordide.
La relation qui s'installe petit à petit entre elle et Yû va évidemment faire des étincelles, surtout que la belle a une fâcheuse tendance à ne pas trop cacher ses formes, déclenchant alors chez le pauvre jeune homme quelque peu frustré des pensées pas très innocentes débouchant inévitablement sur un hilarant châtiment divin tombé évidemment du ciel. Voilà qui apporte régulièrement du sel dans un quotidien trop terne...

Résultat, les rebondissements et les péripéties s'enchaînent sans temps mort, les rires fusent toutes les deux pages et on découvre petit à petit derrière le masque de l'obsédé frustré un brave petit gars simplement un peu paumé dans un univers qu'il ne maîtrise pas trop et qu'il a envie de gérer un peu mieux malgré tout ce qu'il se prend régulièrement dans la tronche. Il évolue énormément au fil des trois volumes, gagnant en carrure, en force, en résolution, et on est vite bien loin du loser ultra-maladroit juste bon à gaffer et se prendre une baffe d'une demoiselle outrée passant par là.
De plus, les demoiselles en question en prennent aussi pour leur grade, Kanzaki parvenant à leur donner un visage bien plus humain, loin des simples potiches fantasmes vivants, loin aussi des victimes décérébrées juste bonnes à se faire agresser qu'on a souvent tendance à retrouver dans ce type de mangas. Vu le caractère impétueux de Bambina et de toutes ses homologues féminines ici, pas de risque que ça arrive.
Les courbes féminines sont régulièrement dévoilés mais dans un but plutôt hilarant que simplement voyeur et gratuit, le mangaka détournant allègrement tous les clichés que ses personnages sont même les premiers à dénoncer.

Mais petit à petit, le rythme, s'il reste effréné, change de couleur, passant de la pure poilade à la tendresse et même à l'amour, avec ses peurs, ses doutes, ses sacrifices mais aussi sa force et sa chaleur. Un amour familial notamment, Bambina trouvant petit à petit sa place dans la maison de Yû, à son grand étonnement d'ailleurs, elle qui ne pensait pas un jour obtenir autant de la part de simples êtres humains pour qui elle n'était rien au départ.
Et évidemment un amour plus personnel, qu'elle découvre avec perplexité, elle qui n'avait jamais pu goûter à ces émotions si fortes. Pas de niaiserie guimauve pour autant, tout cela est raconté avec simplicité et honnêteté, pas de grand discours lénifiant mais juste quelques mots et des actes qui prennent tout leur sens quand le moment de choisir quelle route prendre vient. La fin du manga est même particulièrement forte, tous les personnages rencontrés se retrouvant pour une même cause, dans un même élan.
Les quitter provoque même un petit pincement au cœur tellement on voudrait pouvoir les suivre encore un peu, Kanzaki étant largement parvenu à nous les rendre tous terriblement sympathiques, avec leurs défauts, leurs fêlures mais surtout leur générosité et leur besoin d'amour.

Et pour clore en beauté, n'oublions pas le dessin, parfaitement maîtrisé, agréable à l'œil, très expressif, rendant les personnages encore plus sympathiques, et évidemment la narration, dynamique et enlevée, sachant rendre le rythme trépidant des péripéties de Yû et Bambina sans jamais donner mal à la tête.

Droits images et couvertures: © Masaomi Kanzaki 2006 - publié au Japon par Akita Publishing Co., Ltd., Tokyo


- un dessin expressif et réussi, détaillé tout en restant tout à fait lisible
- une narration rythmée et bien gérée
- une scénario qui pourrait passer comme cliché au départ mais qui sait enchaîner les bonnes idées, sans prise de tête
- un humour tordant, jamais répétitif, souvent cru sans être vulgaire
- pas que de la poilade mais aussi une bonne dose de tendresse, de chaleur et même de romantisme jamais niaiseux
- des personnages attachants et bien définis, simplement humains dans leurs excès et leur besoin d'amour
- que 3 volumes, bien remplis...
- l'humour peut être assez cru, ça ne plairait sans doute pas à tout le monde...

Que dire d'autre à part que Bambina se révèle être un titre particulièrement jubilatoire, sexy, drôle, tendre et chaleureux, allant bien au delà des filles en culottes et des otakus frustrés qui les matent habituellement... Rafraîchissant, hilarant, attachant. Bonne pioche.


Nombre de volumes lus: 3 au 17-12-2008
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