Vamos Lá ! par Yoshimi Osada -
3 volumes (édition terminée) - Doki-Doki
3 volumes (édition terminée) - Media Factory
Sens de lecture japonais - 130x180 mm - 6,95€
Pas de planning
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Yû Kamasaki, en deuxième année de lycée, n'est pas vraiment à l'aise avec ses camarades. Totalement asociable, elle cogne au moindre regard et rentre chez elle dès que les cours sont finis, n'adressant jamais la parole à personne hormis pour envoyer promener. Jusqu'à ce que la joviale Kume, pour cette nouvelle année scolaire qui commence, lui dise bonjour. Elle va même lui faire découvrir le club de futsal et la pousser à y entrer...

Vamos Lá ! est un manga en 3 tomes de Yoshimi Osada, dont il s'agit de la première œuvre pro, n'ayant jusque-là proposé que des web-comics. Doki-Doki, après 7 milliards d'aiguilles et son héroïne asociable, continue donc sur sa lancée avec une nouvelle handicapée des sentiments, Yû Kamasaki.

En effet, cette dernière s'est taillée une solide réputation de dragon mangeur d'enfants au p'tit dej, ayant réussi à faire le grand vide autour d'elle lors de sa première année de lycée. Pas de raison spécifique à ça, juste une grande timidité, un sacré manque de confiance en elle, une sensibilité à fleur de peau qu'un rien irrite, une grance capacité à prendre la mouche pour des broutilles et une facilité à la surinterprétation du moindre regard qu'on pourrait avoir la mauvaise idée de lui lancer. Étant absolument persuadée d'être nulle, moche, grosse et idiote, elle n'imagine pas une minute qu'on puisse s'intéresser à elle sans arrière-pensée moqueuse. Elle prend alors soin de garder un périmètre de sécurité très large autour d'elle, quitte à cogner pour y parvenir, préfèrant la solitude morne et ennuyeuse plutôt que de risquer de souffrir en se faisant rejeter. Forcément, quand Kume, la nana la plus populaire du lycée que même les prof s'arrachent, lui adresse la parole pour un premier "Salut !" amical, le monde de Kamasaki est bouleversé.
Pourtant, leur première confrontation ne s'était pas vraiment bien passée : Kamasaki ne se traîne pas une réputation de tueuse pour rien, incapable de communiquer correctement, frappant et cognant tout de suite tant elle craint de se faire frapper la première. Mais il en faut plus pour décourager une Kume obsédée à l'idée que tout le monde soit heureux et elle persévère donc dans sa tâche d'apprivoiser cette fille que tous ont jugé définitivement perdue sans jamais lui avoir parlé. Kamasaki se retrouve alors entraînée dans le petit club de futsal - du foot en salle - du lycée et, malgré la présence en son sein de Yuriki, la seule à avoir osé lui tenir tête en ne perdant jamais une occasion de la rabaisser, elle n'abandonne pas, contrairement à son habitude, prête à tout pour se rapprocher de la radieuse Kume.
Cette dernière ne se rend d'ailleurs pas vraiment compte de son pouvoir de fascination et d'attraction sur les autres, étant toujours entourée d'une cour de fans absolus qui l'adulent, appréciant de baigner dans sa quasi-lumière de gentillesse et de bonne humeur. Le genre de truc qui pourrait très facilement énerver Kamasaki si elle-même n'était pas prise dans ses filets...

Pour autant la brave Kume, incapable de la moindre méchanceté, n'est pas sans défaut. Certes, elle est belle, intelligente, rigolote, copine avec tout le monde, à l'aise aussi bien avec les filles que les garçons, mais dans son obsession de voir tout son entourage heureux et sa fuite de tout conflit, elle est totalement incapable de suivre autre chose que son propre objectif. Elle oublie au passage les individualités de chacun, s'incrustant dans tout sans se rendre compte que les autres peuvent ne pas penser comme elle et avoir besoin d'avoir leur propre rythme, avec leurs propres buts.
Il lui faut alors toujours un œil extérieur pour lui expliquer ses torts - même avec les meilleures intentions du monde, on peut être blessant, comme elle finit par le comprendre - et lui montrer que chacun doit suivre son propre chemin, même si ça ne correspond pas précisément à l'univers de bisounours qu'elle avait imaginé. Son sens extrême de la camaraderie a même parfois tendance à la pousser à une certaine nunucherie que certains de ses camarades n'hésitent pas à lui faire remarquer, notamment Chiharu, redoublante de son état, petit électron libre parfaitement lucide, observatrice hors pair qui sait se mettre en retrait pour mieux comprendre ce qui se passe, tout en prenant garde à ne pas trop s'impliquer. Voilà de nouveau un personnage attachant et pas si simple, sorte de grande sœur un peu cynique, un peu bougonne, n'ayant pas la langue dans sa poche et ne craignant pas de dire les choses qui fâchent contrairement à une Kume parfois totalement dépassée par les événements.
N'oublions pas Yuriki, qui aurait pu n'avoir que le rôle de petite peste distribuant ses piques anti-Kamasaki si elle n'avait pas rapidement montré d'autres facettes d'elle-même. Si la jeune fille semble totalement à l'opposé de l'intravertie tueuse asociable, elles partagent toutes deux un certain complexe d'infériorité face à Kume, si parfaite. Mais là où Kamasaki se laisse absorber par des émotions qu'elle ne comprend pas et ne maîtrise pas, Yuriki a pour elle sa combativité et son esprit de compétition, caractéristique manquant totalement à Kume pour qui ce genre de choses n'amène qu'au conflit qu'elle déteste tant.

Comme souvent dans ce genre de manga, le sport n'est alors qu'un prétexte pour mettre en lumière les caractères et comportements de chacun : Kume est une excellente meneuse de jeu, capable d'une vision d'ensemble permettant de guider ses équipières mais totalement nulle au shoot, stressant comme une tarée à l'idée de blesser quelqu'un.
Yuriki se moque bien de l'esprit d'équipe, ne cherchant qu'à gagner coûte que coûte, voyant dans sa capacité à marquer en solitaire le seul moyen de briller et d'exister au sein du groupe.
Chiharu, en tant qu'observatrice, est alors parfaite pour le rôle de goleiro dans les cages, en recul par rapport au jeu mais capable de miracle en tant que dernier rempart quand la situation devient délicate (sauf évidemment en cas de ballon en pleine poire...).

Et Kamasaki ? Toute sa vie, elle n'a connu que le banc de touche, n'ayant jamais pu imaginer une seule minute qu'on pourrait un jour lui demander sérieusement de participer à sa propre vie. Bien évidemment, dès le premier coup de sifflet, la voilà qui panique, cogite, intellectualise, incapable de gérer l'action, de trouver sa place, de se faire confiance face à un jeu trop rapide pour qu'elle puisse réagir naturellement. Elle reste alors là sans bouger, sans comprendre, sans parvenir à prendre la moindre initative, partant battue avant même d'avoir commencé à jouer, ayant furieusement envie de prendre enfin les choses en main et d'avancer tout en risquant à tout moment de céder à l'impulsion de prendre ses jambes à son cou et de courir très loin pour ne pas risquer de se planter et de souffrir. Mais à force de se mettre en retrait de tout, tétanisée à l'idée de se faire crucifier, vient forcément un moment où on finit par passer pour un boulet inutile et se montrer alors violente ne fait que conforter l'autre dans son idée de rejeter la cogneuse.

Les entraînements du club sont donc autant d'occasions pour toute la petite bande de voir leurs relations évoluer, leur permettant petit à petit de changer, trouver leur place, leur équilibre, même si celui-ci peut être rompu à tout moment, que ce soit par les accès de violence de Kamasaki, la combativité trop extrême de Yuriki ou la difficulté à comprendre les autres de Kume. À chacun ensuite d'apprendre à assumer ses erreurs et leurs conséquences, en ne voyant plus là une faiblesse mais au contraire une force dans ce besoin de relations avec autrui.

Des personnages attachants, donc, et pas que ces quatre-là, Osada nous créant toute une petite troupe sympathique, de Takase le beau gosse obsédé à Okada le nounours protecteur maladroit, sans oublier Emi la jeunette prometteuse, tous apprenant à se connaître et se découvrir, apprenant à accepter leurs sentiments, leurs émotions que ce soit lors de matchs où tout peut arriver, lors de camps d'été intenses ou simplement lors de révisions d'avant-examen où les couples se forment, les garçons n'étant pas exclus de ce petit monde. Même si discuter avec un membre du sexe opposé est une étape des plus difficiles à franchir pour une Kamasaki se jugeant trop nulle et laide pour que l'amour puisse s'intéresser à elle.

Aucune réelle méchanceté derrière tout ça, cette série-là est un concentré de bonne humeur et de vitalité où même les réactions extrêmes de chacun ont leur place, où tous ont à apprendre des autres, où la capacité à comprendre le point de vue d'autrui change tout. Et même où ce sentiment rapidement envahissant et humiliant d'infériorité par rapport à ceux qui semblent si parfaits, si beaux et si cools n'est pas pour autant synonyme de déprime profonde mais plutôt d'une certaine découverte de soi, de ses limites et de sa propre valeur, au delà des a priori qu'on a par rapport à soi et ses capacités. Le personnage de Nambu, aperçu, trop rapidement à mon goût dans le troisième tome, en est l'exemple parfait, la jeune fille devant encaisser aussi bien les moqueries des autres que ses propres doutes sur elle-même, qu'elle gère avec beaucoup d'autodérision.

Notons également l'humour qui se dégage de ce titre, les dialogues pouvant être particulièrement drôles et bien sentis, fleurant bon l'authentique bien loin des textes ampoulés ou neuneus, jouant pour beaucoup sur le niveau de bonne humeur et d'énergie de la lecture. Ajoutons à ça un dessin plutôt sympathique, bien que parfois un peu maladroit dans les proportions, ne nous perdant pas parmi les personnages tous facilement reconnaissables, ainsi qu'une narration dynamique, notamment dans les quelques phases de match plutôt bien gérées, sans temps mort, apportant leur lot d'émotions, de bouleversements et d'évolutions au fil des passes, des shoots, des buts et des points marqués.

Droits images et couvertures: © Yoshimi Osada 2009 - publié au Japon par Media Factory, Inc., Tokyo


- des personnages attachants, développés, complexes, qui se développent au fil des pages
- un dessin assez tendre et maîtrisé, sachant rendre beaucoup de dynamisme, certains pages pouvant être assez chargées sans fatiguer la lecture pour autant
- une bonne grosse dose d'humour et de tendresse sans oublier pas mal d'émotion avec ces ado parfois un peu paumés, un peu extrêmes, ayant juste besoin qu'on les comprenne un peu
- du relationnel qui s'assume et ne prend pas dix plombes à créer des obstacles inutiles et invraisemblables
- les pages couleurs, en couverture notamment, ne sont pas forcément une grande spécialité de l'auteure...
- il ne doit pas y en avoir des masses, des classes de lycée comme ça, aussi cools, joyeuses et sans stress...
- on peut peut-être tiquer sur quelques scènes de fan-service ?

Bien loin des séries où le lycée ne peut être que le repaire de toutes les cruautés, humiliations, méchancetés, Vamos Là ! nous propose sa vision drôle, sensible, dynamique et joyeuse d'une année scolaire où tout va être possible, y compris pour la jeune Kamasaki, vilain petit canard asociable, a priori incapable de communiquer sans cogner jusqu'à ce qu'elle se heurte à l'obsession de l'énergique Kume de rendre tout le monde heureux.


Nombre de volumes lus: 3 au 30-12-2011
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