Last quarter par Ai Yazawa - 1998
3 volumes (édition terminée) - Akata/Delcourt
3 volumes (édition terminée) - Shueisha
Sens de lecture japonais - 112x176 mm - 5,95€
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Mizuki n'a que 17 ans mais sa vie lui déplaît terriblement. Son copain la trompe, sa famille la dégoûte... Rien ne va jusqu'à ce qu'elle rencontre le bel Adam, aux yeux si bleus, qui la charme d'office avec sa guitare et sa chanson si troublante. Elle est prête à tout quitter pour lui mais il n'a que deux semaines à lui accorder. Qu'importe, elle les vivra avec lui jusqu'au bout, dans cette grande et belle maison. Mais où disparaît-il une fois ces deux semaines passées ?

Last quarter est un manga en 3 volumes signé Ai Yazawa, dont Delcourt nous avait déjà proposé Nana, Gokinjo et Je ne suis pas un ange, sans oublier Paradise Kiss chez Kana. Mais ici, la shôjo mangaka, même si elle reste dans le domaine romantique, nous propose une histoire flirtant avec le fantastique...

Ainsi, la première vision du manga est celle de Mizuki, quittant tout pour suivre le bel Adam dont elle ne sait rien. Mais alors que l'histoire devient de plus en plus énigmatique, on change radicalement de point de vue pour suivre celui de la petite Hotaru, brièvement apparue devant les yeux de Mizuki. Finalement, c'est la petite fille et ses trois amis collégiens qui vont gérer l'histoire, en y insufflant la pointe d'humour typique de Yazawa, notamment par les relations légères qu'ils vont entretenir les uns avec les autres. Un humour qu'il aurait été bien plus difficile à mettre en place avec le regard désespéré de Mizuki...

Les personnages ne sont pas aussi développés dans Last quarter que dans les autres oeuvres de Yazawa, sans doute car ici la mangaka se doit de cadencer précisément son histoire, sorte d'énigme policière à résoudre pour que la belle ingénue de la maison vide retrouve ses souvenirs. Il y a donc moins de pages pour s'occuper de la psychologie des protagonistes, contrairement à un Nana ou un Gokinjo où l'on suit simplement le quotidien d'une petite troupe dont le plus important est le relationnel.
Et Yazawa s'en sort même plutôt bien dans son scénario, parvenant à le rythmer dans les découvertes de sa bande de détectives en herbe. Une petite bande d'ailleurs plutôt attachante bien qu'assez classique - l'hyper-sensible un peu pleurnicheuse, la meilleure copine forte, le clown et le tombeur un peu plus renfermé - mais qui parvient à exister au delà de l'histoire qu'elle tente de décrypter, chacun dévoilant quelques autres petites facettes bourrées de tendresse. Si on voit Hotaru dès le début comme l'héroïne de la troupe, c'est finalement bien Sae qui prend toute son importance, n'étant pas simplement la copine prête à tout par amitié.

Du côté des lycéens et jeunes adultes, les caractères restent là aussi assez classiques mais bien rendus même si pas vraiment creusés. On pourra même y déceler un message sur ce comportement typiquement ado de refuser sa vie qu'on voit comme nulle et sans avenir alors qu'il suffit parfois simplement accepter d'y faire face pour en faire quelque chose de valable. Si le traitement de l'amour de Mizuki est terriblement romantique - et donc idéalisé - la mangaka lui propose finalement comme alternative l'affrontement d'une réalité pas forcément si noire que ça.

Last quarter n'est en fait pas si sombre et tragique qu'on aurait pu le croire au départ (après tout, il était prépublié dans le magazine Ribon, tout comme Gokinjo), l'histoire se focalisant plutôt sur les recherches d'Hotaru et de ses amis plutôt que sur la détresse d'une Mizuki enfermée dans son propre monde. On retrouve en tout cas le côté très mélancolique que les lecteurs de Nana auront déjà pu découvrir avec les énigmatiques phrases que la mangaka se plaît à laisser au fil des chapitres. Si la fin est assez simple, elle explique en tout cas à peu près tout sans faire dans les grandes révélations artificielles et tordues.
Le style graphique - Last quarter ayant été publié entre Gokinko et Paradise kiss - typique de Yazawa (on aime ou pas du tout mais il ne laisse pas indifférent) est désormais totalement maîtrisé et on évite le fouillis classique des shôjo vu qu'il n'y a pas ici les multiples textes hors bulles qu'on retrouve habituellement et qui peuvent rendre la lecture un peu pesante.

Au final, Last quarter reste une oeuvre divertissante et prenante bien menée même si elle n'a pas forcément la profondeur d'autres oeuvres de la mangaka (Paradise kiss reste pour moi son oeuvre majeure). Elle prouve en tout cas que Yazawa devrait définitivement en rester aux séries relativement courtes, qu'elle parvient à maîtriser de bout en bout sans temps mort.

Droits images et couvertures: © 1998 by Yazawa Manga Seisakusho - publié au Japon par Shueisha Inc., Tokyo



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