Je ne suis pas un ange par Ai Yazawa - 1992
4 volumes (édition terminée) - Akata/Delcourt
8 volumes (édition terminée) - Shueisha
Sens de lecture japonais - 130x180 mm - 15,00€
Pas de planning
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C'est la toute première rentrée des classes pour le lycée Hijiri et la jeune Midori Saejima veut faire bonne impression. Mais elle ne s'attendait pas à ce que ses camarades aient déjà décidé à sa place qu'elle devait se présenter pour l'élection du premier comité des élèves... Pas grave puisque finalement cela lui permet d'approcher de plus près le garçon sur lequel elle a totalement flashé depuis le premier jour, Akira Sudô. C'est même encore mieux s'ils se retrouvent tous les deux dans ce fameux comité !

Volume 3 japonais version classiqueAi Yazawa, connue en France pour son titre phare Nana, sorti chez Akata/Delcourt, a connu son premier gros succès japonais dès 1992 avec Je ne suis pas un ange. La série, alors prépubliée dans le magazine Ribon de l'éditeur Shueisha, tout comme Gokinjo, une vie de quartier sorti quelques années plus tard, compte à l'origine huit volumes avant une réédition deluxe en quatre volumes en 2000. C'est sur cette version, où chaque tome fait près de 430 pages, qu'Akata/Delcourt s'est basé pour nous faire découvrir les aventures de Midori et Akira.

Avec Je ne suis pas un ange, nous voici dans l'habituelle comédie romantique lycéenne. Pas un gramme de noirceur ou de malaise scolaire ici, Yazawa préfère rester dans un registre léger et attendrissant, plein de douceur et de chaleur. Qu'importe alors l'invraisemblance de la vie lycéenne décrite.
Ainsi, nous voilà loin des journées passées à s'arracher les yeux sur d'obscurs devoirs, à potasser ses matières détestées, à s'endormir en cours face à des professeurs distants et moralisateurs ou à s'user la santé dans des juku finissant tard dans la soirée. Vive plutôt l'école selon Yazawa : les personnages ne semblent passer leur temps qu'à organiser des festivals, des voyages et des rencontres sportives avec l'aval de généreux professeurs sans jamais perdre la moindre minute dans des salles de cours poussiéreuses et les seuls nuages noirs rencontrés ne seront que des coups de cœur difficiles à gérer pour des ado en proie aux affres de l'amour pour la première fois...

L'héroïne de cette comédie est très classique : Midori, contrairement au titre du manga, est un véritable ange enchantant tous ceux qu'elle rencontre par sa gentillesse, son énergie et son optimisme. Comme la plupart des héroïnes made in Yazawa, c'est une apprentie-artiste, ici adepte du dessin. Idéaliste, un peu naïve - mais pas trop, ce n'est pas non plus une potiche décérébrée - un rien pleurnicheuse - au grand dam de ses congénères masculins qui perdent tous leurs moyens face aux larmes des filles - elle ne connaît évidemment rien à l'amour quand celui-ci décide de frapper à sa porte un beau matin d'avril, lors de la première rentrée des classes du lycée Hijiri. Aussi difficile que cela puisse paraître aujourd'hui, il faut croire que les mecs aux coupes de cheveux ringardes avaient la classe au Japon dans les années 90...
Fort heureusement, l'élu du cœur de notre midinette, pour contrebalancer son offense faite au dieu des coupes de cheveux acceptables, est un brave gars, un rien poseur comme le sont habituellement également les tombeurs du Yazawa-world, mais cachant les blessures non cicatrisées de son petit cœur sensible derrière une armure de beau gosse aux yeux mélancoliques avec la grande gueule assortie. Il ne faut bien sûr pas longtemps pour que ces deux-là tombent dans les bras l'un de l'autre même si leur inexpérience en la matière, ainsi que la fâcheuse tendance du mâle de service à renfermer tous ses sentiments sous un blindage de dix centimètres en acier trempé, a de quoi faire douter de la durée de leur idylle.
Mais l'amour idéal selon Yawaza n'a que faire des épreuves. Et si les sentiments contés par la mangaka sont clairement extrêmes et purifiés au possible, ils n'en sont pas moins émouvants et bourrés d'une tendresse attachante, sans compter quelques petites touches tombant juste, nous poussant à nous plonger un peu plus dans une romance pourtant courue d'avance.

Une autre des forces de la mangaka est de ne pas oublier que pour qu'il y ait des personnages principaux, il en faut aussi des secondaires.
Ainsi, Akira et Midori sont au cœur d'une bande de copains qu'on aime retrouver au fil des pages. Ceux-ci ne sont pas de simples faire-valoirs juste là pour réhausser l'intérêt du couple phare, ils ont leurs propres soucis, doutes et affaires de cœur à débroussailler, apparaissant même plus attachants que les héros de l'histoire. Citons par exemple la touchante Mamiya, la meilleure amie au départ un peu hautaine qui révèle une âme de midinette éperdue d'amour derrière son apparence de reine des glaces, Takigawa le beau gosse pragmatique qui fait craquer toutes les demoiselles tout en étant incapable de savoir comment s'y prendre avec elles sans immanquablement les blesser à force de jouer un rôle, ou Bunta le nounours qui aura aussi droit à sa demoiselle aux yeux de biche...
Car Yazawa a la bonne idée de nous faire suivre toutes les années lycée de ses personnages, nous permettant donc d'en rencontrer d'autres au fil des rentrées scolaires, apportant un peu de sang neuf régulier en agrandissant la bande d'amis sans qu'on s'y perde. Si au départ, tous semblent assez stéréotypés - la pimbêche blonde, la bonne copine timide, l'énervé chronique - Yazawa parvient petit à petit à les développer, leur donnant une véritable épaisseur plus complexe, voire subtile. Yazawa a ainsi le don de faire exister véritablement ses personnages qu'on aime alors retrouver au fil des années.

Mais même si on se trouve là face à une bande de copains qui fait rêver, la peur principale que tous expriment reste celle d'être seul, incapable de se rapprocher des autres, de partager, de développer quelque chose de solide, la peur de trahir et d'être trahi, abandonné, de ne pas comprendre l'autre, de le perdre, de ne pas savoir le retenir, de ne pas réussir à lui montrer ce qu'on ressent.
Il y a également la peur de ne pas trouver sa place dans le monde des adultes, la peur universelle de tout adolescent face à un avenir qu'il doit construire seul, avec ses choix, ses erreurs et ses doutes. De plus, même si Midori et Akira n'ont que seize ans, des adultes les entourent mais ils ne sont guère plus sûrs d'eux dans leur choix, tâtonnant dans une vie qu'ils tentent d'apprivoiser avec la peur de se perdre en route.

Malgré tout, la Yazawa-touch reste son humour bourré d'autodérision. Ses personnages ne sont jamais trop sérieux trop longtemps, les dialogues sont souvent drôles, les situations loufoques et la mangaka adore se mettre en scène dans des petits rôles impromptus tout en casant aussi ses copines Wataru Yoshizumi (Marmalade Boy) et Miho Obana (Honey Bitter). On notera aussi le personnage de Ken, ami d'enfance de Midori dont on entend d'ailleurs beaucoup parler dans Gokinjo (tout comme le Sudô-saure, né dès les premières pages de Je ne suis pas un ange), jeune gars impulsif, amusant et touchant, pendant masculin de la joyeuse Midori, loin du côté "beau ténébreux" d'un Akira moins extraverti.

La patte graphique si reconnaissable de Yazawa - les silhouettes fil de fer, les visages en gros plan détaillés, les innombrables accessoires de mode - naît au fil des pages de Je ne suis pas un ange.
En effet, dans les premières pages du manga, le design est très classique, au point qu'on se demande même s'il s'agit bien d'une série de Yazawa. Mais petit à petit, la mangaka pose son style qui ne la quittera plus et reste sa marque de fabrique aujourd'hui.
Sans oublier bien sûr sa narration, toujours aussi efficace et dynamique, bourrée d'une énergie communicative.



Droits images et couvertures: © Ai Yazawa 2000 - publié au Japon par Shueisha Inc., Tokyo


- un graphisme mignon et sympa, qui nous fait découvrir la naissance du style Yazawa
- des personnages attachants décrits avec beaucoup de tendresse et de chaleur, une sacrée galerie de personnages qui évoluent au fil des années lycée
- une histoire simple et classique mais prenante grâce à une narration dynamique sans temps mort
- une bonne dose d'humour et d'auto-dérision
- ça reste une romance très classique (mais efficace) et l'héroïne a quand même une grosse tendance à pleurer toutes les deux pages...

Ainsi, Je ne suis pas un ange reste un shôjo manga classique, aux ingrédients connus et maintes fois utilisés. Mais un classique éminemment recommandable de par son énergie, sa fraîcheur, son humour, sa chaleur, ses personnages attachants qu'on aime retrouver régulièrement, un tout qui fait immanquablement finir chaque volume avec un petit sourire aux lèvres, ravi d'avoir plongé quelques instants dans un monde lumineux et positif sans la moindre once de méchanceté aux alentours...


Nombre de volumes lus: 4 au 31-08-2008
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Elizabeth
15-09-2009
   Personnellement, j'adore Ai Yazawa, et donc je ne suis certainement pas objective! Pour ma part, j'adore Je ne suis pas un ange!! Certes, c'est plutôt un shojo classique, mais je ne crois pas que ça prétend ne pas l'être. Bien que Midori est un pleurnicharde dans les derniers volumes, elle est tellement mignonne et fragile que je ne pense pas qu'on peut rester indifférente devant ses peines! Bref, avant d'écrire un roman, je veux juste finir en disant que cette série à de l'âge elle n'a pas vieilli pour autant!!

skye
31-08-2008
   Je ne suis pas un ange n'est pas, pour ma part une histoire classique, mais une histoire simpliste, fade voire baclée avec des personnages creux.
Je n'y pas vu non plus de thématique abordée, sur l'adolescence ou quoi que ce soit. Juste une histoire avec des personnages qui ont des problèmes personnel risibles car insignifiants. Du style : "oh mon dieu, la blonde n'est pas forçément aimée en retour par celui qu'elle aime, et ça c'est vraiment triste."
Avoir lu cette histoire a été pour moi une vrai perte de temps.
Les personnages ne sont pas correctement développés, l'histoire en pâtit, elle ne revèle peu de rebondissemment et est sans surprise.
Quand à la fin bien baclée, avec ses incohérences capillotractées, est des plus décevante : tout le monde il est beau, tout le monde il est amoureux, tout le monde il est content. Comme c'est originale.

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