Chien de mon patron (Le) (Rumik Theater 2) par Rumiko Takahashi - 1999
1 volume (édition terminée) - Tonkam
1 volume (édition terminée) - Shogakukan
Sens de lecture japonais - 150x210 mm - 10€
Pas de planning
Couverture japonaise Couverture française

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Un employé doit garder le chien de la maîtresse de son chef et ancien camarade d'université, au grand déplaisir de sa femme... Une jeune fille s'interroge sur le changement soudain de comportement de ses parents, soupsonnant une situation tragique... Un homme fier, nouvellement au chômage, doit remplacer sa femme malade dans son travail de vendeuse... Un homme d'âge mûr qui vient de perdre sa femme s'intéresse de plus en plus à une de ses employées, jeune et jolie... Un homme qui vient d'être nommé à un nouveau poste loin de chez lui va faire une chute libératrice... Une jeune femme qui vient de s'installer dans un immeuble va devoir apprendre les étranges règles de conduite de ses voisines...

Le chien de mon patron est un recueil de 6 nouvelles signé Rumiko Takahashi, la mangaka aux plus de 100 millions d'albums vendus (petite joueuse, va...), que Tonkam nous propose dans sa nouvelle collection "One-shot". Recueil qui est en fait le second de la collection Rumik Theater (le premier devrait débarquer chez Tonkam également). Rumiko Takahashi est loin d'être une inconnue en France puisqu'on a pu découvrir Ranma 1/2 et Mermaid Forest (Glénat), Maison Ikkoku (Tonkam) ou encore Inu Yasha, son dernier shônen fleuve toujours en cours au Japon (Kana).
Ce présent recueil s'inscrit plutôt dans la lignée d'un Maison Ikkoku, on y retrouve des personnages très attachants en quelques traits et quelques dialogues, des situations évoluant entre loufoquerie et émotion, des moments d'humour par les caricatures et les situations, des relations subtilement décrites en quelques pages sans aucune lourdeur (n'ayant donc évidemment pas la profondeur d'un Maison Ikkoku, qui faisait après tout 10 gros volumes...), le tout mis en place dans le cadre de la vie quotidienne de Monsieur et Madame tout le monde, bien loin des démons et des monstres mythologiques qui peuplent les volumes d'Inu Yasha. On est donc bien ici dans une comédie "sociale".

On retrouve un peu des histoires à la manière de Short program d'Adachi, la même tendresse, le même style d'humour (quoique l'humour d'Adachi joue encore plus sur l'auto-dérision), la description d'un quotidien ordinaire, se focalisant sur les relations entre les gens. Mais là où Adachi reste un éternel observateur de l'amour adolescent, Takahashi s'intéresse surtout ici à l'habituel absent de tous les mangas: le père. Celui qui trime comme un malade, rentre tard chez lui, parfois pour bien peu de choses. Un peu comme Monsieur Ichinose dans Maison Ikkoku, qu'on ne voyait d'ailleurs quasiment jamais... Et bien, voilà un recueil presque entier consacré à ces hommes invisibles, confrontés au chômage, aux problèmes de hiérarchie, à la maladie, à la mort, à la solitude, à la détresse morale, etc. On s'intéresse également à leur femme, souvent au foyer, bien loin des business women ou office ladies qu'on nous montre d'habitude. Histoire de montrer la diversité de la société japonaise...
On trouve en filigrane derrière ces petites histoires divertissantes (allant jusqu'à se la jouer conte de fée revisité à la sauce "pétons un plomb" dans la dernière histoire) ou parfois un peu plus sombres (même si Takahashi sait, avec humour, désamorcer les situations les plus tragiques, sans pour autant les rendre légères ou superficielles) un petit côté féroce, une satire de la société d'aujourd'hui: l'indifférence dans les familles, la cruauté banale et quotidienne des relations humaines, les abus de la hiérarchie omniprésente, la pression des convenances, etc.
Ce qui est amusant, c'est que quand on commence une des histoires, il est à peu près impossible de savoir ce qu'il va se passer, tout est possible, Takahashi nous met en place plusieurs pistes en même temps pour finalement nous sortir habilement une fin cocace ou émouvante...
Au final, de jolis portraits, comme on en voit finalement peu, d'hommes mûrs, un peu paumés dans une société qui semble avoir évolué sans eux. Ça n'a pas la prétention de faire une critique poussée de la société d'aujourd'hui (au Japon comme ailleurs), même si cela se focalise sur ceux qui subissent de plein fouet la crise identitaire et économique que connaît le Japon depuis quelques années (les jeunes ne voulant de plus en plus plus jouer le même jeu que leurs parents, les pères se faisant virer des sociétés dans lesquelles ils s'étaient considérablement investis en temps, les femmes devant batailler ferme pour trouver leur place qui n'a pas à se réduire à celle de "machine à café qui marche"), mais plutôt de divertir tout en égratignant un peu la réalité morose. Cela aborde finalement beaucoup de sujets (le mariage arrangé, les conflits de génération, la maladie... finalement la perte de confiance et de repères qu'on connaît aujourd'hui) sans en avoir l'air, sans être le moins du monde lourd ou moralisateur. C'est tendre, humain, ironique, tantôt dingue tantôt émouvant, rafraîchissant.

La traduction est de qualité mais on regrettera la suppression des bonus, à savoir le lexique (comme dans Hikaru no go 8 d'ailleurs). Rumiko Takahashi semble décidément avoir la poisse chez Tonkam, après la version "deluxe" (en tout cas, chère) de Maison Ikkoku et ses multiples fautes de traduction et d'adaptation (titre qui aurait d'ailleurs mérité de sacrés bonus vu tout ce qu'il y avait à y mettre...), voici les bonus explicatifs du recueil qui passent à la trappe. Quand on sait à quel point les mangas de Takahashi regorgent de détails liés à la culture japonaise qui ne nous est évidemment pas vraiment familière, on ne peut que le regretter, surtout à 10€ le volume... Pour la peine, vous pouvez retrouver ces bonus manquants ici.
Néanmoins, le livre en lui même est plutôt de qualité, avec un format assez grand, du papier de bonne qualité, une couverture à la Maison Ikkoku, 5 pages couleurs et une bonne impression sans bavure.


- le dessin typique de Takahashi, prompt à apporter rires ou larmes...
- des petites histoires complètes sur des monsieur et madame tout le monde, leur quotidien bourré d'humour et d'émotion
- des scénarii dont il est bien difficile de deviner la finalité en cours de route...
- la société japonaise apparaît en filigrane
- des bonus qui sautent alors qu'ils étaient prévus: dommage !!

Rumiko Takahashi nous revient ici dans des nouvelles genre comédie sociale, alliant burlesque, dérision, émotion, sans oublier de parler de la société japonaise et d'épingler mine de rien ses travers ainsi que les difficultés des gens face à la mort, la maladie, la hiérarchie, etc.


Nombre de volumes lus: 1 au 29-02-2004
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Noumaios
19-03-2004
   Que dire? Vous aimez les recueils de nouvelles, vous cherchez qlqch ds la veine des Short program ou équivalent,vous appréciez le trait et la "patte" scénaristique Takahashi... Pas de doute si vous lisez la chronique vous étes cuit! Aussi je vais pas perdre mon temps avec les bon cotés... (il y a pratiquement "que" des bon cotés)

Des défaut? Hum, et bien oui, qlqs uns en fait, à commencer par le principal. Etant un one shoot qui survole les vicissitudes japonaises, il y a certaines subtilités propre à cette culture qui échappera naturellement à la plupart d'entre vous.
C'est là qu'un lexique ou une aide à la compréhension que l'on trouve de plus en plus couramment dans les mangas aurait pû s'avérer utile. Je pense à des titre comme Nana ou Love hina par ex où dans chaque vol on vous propose au début ou à la fin un petit abcdaire culturel.
C'est içi qu'il faut saluer Morgan pour son ignitiative généreuse et utile car elle vous fournit les bonus initialement prévue à la fin de sa chronique au demeurant juste et bien analysé que je vous enjoins bien évidemment à lire.Je ne doute pas qu'ils vous apporteront un nouveau regard sur ce receuil une fois les clefs de compréhension assimilés.

Je note aussi qlqs problèmes d'encrage sur certaine pages mais peut être est ce dû à mon volume qui est ainsi.
Enfin,à 10 euros le bestiau certains relancerons le sempiternel "jusqu'ou s'arrêterons t'ils?" car il y a des BD couleurs à moins cher. Mais il faut relativiser car il s'agit d'un grant format (type short program) aux qualités physique (couverture,papier...) à la hauteur du contenu.
Et puis les one shoot de qualité valent bien certaine série à 5 euros déclinés en 30/35 volumes...

Bref, si les hojo (type cadeau de l'ange,temps des cerisiers et sous un rayon de soleil) ainsi que la trilogie de Mitsuru Adachi vous ont conquis, il y a fort à parier que vous succomberez à la lecture de ce receuil de nouvelles magnifique écrit et dessiné par la talentueuse maman de Maison ikkoku, Inu yasha ou Urusei yatsura (lum ou lamu chez nous) pour ne citer que ceux là...
Merci Rumi.

ps: ça na rien à voir ou presque mais l'enjo kosai (qu'on traduit pudiquement par relation mutuel d'assistance subventionné)(tout un poème pour ce qui reste finalement de la vulgaire prostitution...) est un thème de plus en plus courant et souvent abordé sous une forme ou sous une autre dans les mangas aujourd'hui.
J'ai vu il y a peu,une excellente émission sur france 5 "Baby blues baby dolls" qui traite des changements de mentalité chez les femmes japonaises actuelles et analyse leurs comportements et opinions sur le mariage,l'amour,la maternité,le travail mais aussi les dérives des jeunes étudiantes attirés par les sirènes de l'argent facile nécéssaire à leur besoin d'émancipation et de confort matériel... Un documentaire riche d'enseignement qui vous apportera un plus et fera tomber qlqs clichés sur la culture japonaise moderne véhiculé par les mangas...
Surveillez les programmes, france 5 ayant l'habitude de redifuser trés souvent ses documentaires.

tchao Noumi

Marie
12-03-2004
   Pas grand chose à rajouter à l'excellente chronique de Morgan qui m'ôte les mots du clavier :)
J'ai été véritablement séduite par ces tranches de vie que Takahashi raconte avec une maîtrise qui force le respect.

Avec intelligence et finesse elle parvient en quelques cases à nous présenter non seulement le perso mais également son caractère,sa situation familiale,sa place dans la société, bref tout son vécu. Il n'y a donc aucun problème de compréhension et cela nous permet de pleinement savourer toutes ces histoires qui piquent ou ça fait mal, mais toujours avec son humour si particulier .
je crois que c'est dans ce format court que Rumiko Takahashi donne le meilleur d'elle-même, plus que dans des séries à rallonge comme Inu Yasha ou son talent se dilue dans des longueurs superflues.

Chandler
07-03-2004
   Dans ce recueil, Rumiko Takahashi nous livre à nouveau de petits bijoux d'émotion. On y retrouve son style si caractéristique, tant dans les dessins que dans la narration (par moment, on aurait presque l'impression de se retrouver devant du Maison Ikkoku :) ). C'est émouvant par moment, drôle la plupart du temps, et ô combien rafraichissant dans le paysage "manga-esque" français, qui s'il s'étoffe en nombre de titres édités, ne propose malheureusement que peu d'oeuvres de ce style.
Juste un mot pour dire que l'adaptation de Tonkam est bonne, mais c'est la moindre des choses vu le prix de l'ouvrage (10€ quand même), qui s'est tout de même vu amputé des bonus... Quel dommage... (Economies quand tu nous tiens).

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