Dorohedoro par Q.Hayashida - 2002
12 volumes (édition en cours) - Soleil Manga
18 volumes (édition en cours) - Shogakukan
Sens de lecture japonais - 150x210 mm - 11,95€
Planning de sortie
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Dans la ville crasseuse et hyper-violente de Hole vivent Caïman et Nikaidô, son amie experte en gyozas. Leur loisir préféré ? Chasser les mages qui débarquent de temps à autre de leur propre monde pour exercer leurs pouvoirs sur les habitants de Hole.
Le but de Caïman est de retrouver le mage qui lui a donné sa tête de reptile, utilisant pour cela une méthode assez originale: dès qu'il tombe sur un mage, il lui prend la tête dans sa gueule, de manière à ce que le type à l'intérieur - car il a un type à l'intérieur de sa gueule - voit le visage de sa victime et indique s'il s'agit bien de l'homme recherché ou non. Jusqu'à présent, cela n'a rien donné mais nombreux sont ceux qui ont péri découpés par le duo. Voilà d'ailleurs que le dangereux duo de mages, Shin et Noi, commence à s'intéresser à eux.

Dorohedoro est un manga toujours en cours au Japon, signé Q.Hayashida (Kyo Hayashida) et prépublié dans le magazine Ikki de Shogakukan. Mais Dorohedoro, c'est également un manga à l'édition française chaotique...
Tout commence en août 2003 quand les deux premiers volumes sortent. Hélas, le manque de succès en librairie en plus de la fin du partenariat Vegetal/Soleil semble sonner le glas de ce titre hors du commun. Il faudra attendre près de deux ans pour voir le volume 3 sortir puis de nouveau, plus rien... Et pourtant, en novembre 2007 sort le quatrième tome des aventures de Nikaidô et Caïman même si en cours de route, un petit sacrifice en plus est demandé au lecteur : il devra ainsi débourser 11,95€ au lieu des 8,99€ précédemment demandés pour avoir sa dose d'humour gore (pour en revenir à 9,95€ pour le tome 5...). L'éditeur Soleil Manga annonce en tout cas que la suite suivra...

Il est vrai que Dorohedoro n'est pas un manga facile d'accès. Sa mangaka (oui, c'est une femme) a ainsi créé un monde ultra-violent, trash et gore, scindé en deux : d'un côté le crasseux Hole, de l'autre le monde des mages. L'un et l'autre ne respirent pas franchement la joie de vivre, tout y est sombre et les accidents macabres y sont fréquents.
Les mages vont ainsi s'entraîner dans Hole, histoire de tester leurs pouvoirs, avec le risque de se retrouver face à la paire Caïman-Nikaidô et donc de voir leur espérance de vie chuter en flèche. Difficile en effet de ne pas finir en steak haché et autre bouillie sanguinolente quand on est un mage face à Caïman. Comprenons-le, ce brave reptile : il ne sait pas qui il est depuis qu'un mystérieux mage lui a donné sa tronche de lézard, pas vraiment facile à porter même dans un monde aussi lugubre que Hole. Depuis, il cherche donc à retrouver le responsable de sa transformation histoire de lui apprendre la politesse avec tout le doigté et le tact qui le caractérisent...

Alors oui, Dorohedoro est un manga vraiment gore : les tripes giclent, les morceaux de doigts volent, les yeux sautent de leur orbite... Les mages portent des masques que ne renieraient pas les psychopathes des films d'horreur et leurs pouvoirs de transformation ont l'art de faire ressortir la beauté intérieure de leur victime... Et malgré ça, pas d'écoeurement et même, on en redemande, sans jamais être déprimés ou blasés.
Car la mangaka y mélange aussi une bonne dose d'humour et de tendresse. Tendresse et gore, voilà deux mots qui ne vont pas habituellement bien ensemble... Mais la relation qui unit Nikaidô et Caïman par exemple, mais aussi Shin et Noi, les deux mages assassins, est particulièrement chaleureuse dans ce monde de brutes sanguinaires. Ils se taquinent, veillent l'un sur l'autre, sont prêts à accepter l'autre tel qu'il est. Et effectivement, l'humour, bourré de dérision, est très présent, que ce soit dans les dialogues, totalement décalés, ou les situations, excessives et déjantées : pourquoi ne pas aller manger une petite glace après avoir découpé quelques crétins ? Et pourquoi ne pas profiter de la nuit des zombies pour se faire offrir la moulinette à hacher la viande pour de meilleurs gyozas ?
Ainsi, chaque personnage apparaît très attachant quand on le découvre au naturel, loin de n'être qu'une bête machine à tuer. Ils ne sont pas du tout manichéens, avec leurs petits tracas et leurs petits plaisirs, devant peut-être se bastonner les uns les autres sans se haïr poussivement pour autant. Deux mondes s'opposent mais ils ont en fait beaucoup à apprendre les uns des autres.
Caïman notamment est bourré d'humour, grand dadais baraqué prêt à tout pour déguster ses gyozas et passer de bon moment avec sa restauratrice préférée, même si elle lui cache quelque chose. L'humour est même renforcé quand on les voit tous vivre leur petit quotidien peinard, fait de découpages, de massacres, de parties de cartes et de gros gueuletons mais vécu de manière totalement naturelle par eux.

La mangaka ne manque vraiment pas d'imagination et se plait à inventer toujours plus de situations délirantes tout en parvenant petit à petit à développer son univers, à faire avancer l'intrigue principale : Qui est Caïman ? Quelle est l'histoire de Nikaidô ? Jonson saura-t-il bientôt dire autre chose que "Diantre" ?

Le trait est original, très personnel mais totalement maîtrisé, détaillé. La narration est dynamique et énergique, sachant alterner action et discussion sans jamais perdre le lecteur. Les combats sont bien présents mais sans trop dominer, le but n'étant pas juste de nous montrer de la castagne trash mais bien de nous faire suivre une intrigue entre deux mondes peut-être pas si différents que ça... A coup sûr, il y a encore beaucoup à apprendre sur Hole et les mages dans les prochains volumes de Dorohedoro...

A propos de l'adaptation, reconnaissons que la qualité particulièrement médiocre des premiers volumes ne risque guère d'encourager les lecteurs à tenter l'aventure : lettrage amateur, onomatopées jamais traduites, qualité d'impression minable et pages en niveaux de gris baveux, tout y est pour pousser le courageux curieux à reposer bien sagement le volume sur l'étagère, après avoir pourtant été intrigué par la couverture en relief imitation peau de lézard.
Fort heureusement, les choses commencent à s'améliorer dès le volume 3 et la qualité finit par devenir bien plus acceptable (même si la police de dialogue me paraît bien banale par rapport à la richesse et l'originalité graphique du manga).

Droits image et couvertures: © Hayashida Q 2002 - publié au Japon par Shogakukan Inc., Tokyo


- un dessin original et personnel, maîtrisé
- un univers poisseux et sombre mais pas si déprimant que ça
- des personnages attachants et drôles, au relationnel bourré de dérision et de chaleur
- un humour totalement décalé et déjanté, désamorçant le côté écoeurant de l'ultra-violence trash de l'univers mis en scène
- deux premiers volumes à l'adaptation complètement ratée qui risquent de rebuter
- un univers pas facile d'accès, ne cherchant pas à ménager son lectorat... mais est-ce un mal ?

Dorohedoro est un OVNI dans l'univers des mangas. Trash, ultra-violent, drôle, bourré de dérision, original, voilà un titre qui ne fait pas dans la demi-mesure, nous baladant d'un monde à un autre entre démons, tueurs sans pitié, mangeurs de gyozas, insectes géants, amateurs de champignons, zombies... Mais jusqu'où iront-ils ?


Nombre de volumes lus: 4 au 07-12-2007
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Tibo
28-11-2010
   Un manga véritablement excellent dans tous les sens du terme. Une histoire très fun et complètement décalé, dans un univers sombre qui pourtant n'en devient pas vraiment glauque grâce à des personnages frais et amusant.
On regrettera seulement que se manga ne soit pas aussi connu qu'il le mérite, car c'est pour moi l'un de mes manga préféré et de loin.

Eld
14-09-2009
   Un manga génial, qui mérite d'être connu! D'autant plus que l'intrigue est génial, le lecteur se pose de nombreuses questions. Dommage que la faiblesse des ventes obliges l'éditeur à sortir cette fabuleuse série au compte goutte.

guillaume
23-07-2009
   Merci à "Mangaverse" de m'avoir fait découvrir ce manga qui est très intéressant à plusieurs titres.
Certes le dessin est à mes yeux inégal, de très bonne facture dès lors que l'auteur se concentre sur les visages notamment (on sent l'influence d'auteurs comme Shirow et Otomo d'ailleurs), et empreint d'une étrange raideur sur les plans larges. J'ai toujours du mal à me faire à ces personnages dont l'apparence et les proportions sont assez étranges.
Non, la vrai réussite de ce manga tient à son originalité et à la profondeur du monde crée. Un monde noir, détaillé mais suffisamment imprécis pour laisser place à l'imagination du lecteur et pour irrémédiablement l'accrocher et le pousser à lire le volume suivant.
Elle tient aussi à ses qualités narratives et de découpage, assez rares dans une production japonaise parfois bien formatée et peut être trop codée. D'ailleurs je retrouve des aspects de la production de Masamune Shirow dans cette narration.
Un vrai bonheur que je n'avais pas connu depuis plusieurs mois (années ??).

Caï(d)man
25-01-2009
   J'adore ce manga! Soleil manga nous sort l'artillerie lourde en nous proposant un manga riche d'originalité.

Les points forts:
-le dessin qui peut paraître brouillon du premier coup d'oeil mais qui est absolument réfléchi et détailllé.
-le scénario... je ne peux pas vous en dire +
-les personnages très vite attachants.
-les couvertures, le dernier tome (6) sorti est magnifique!

Les points faibles:
-la parution désastreuse de Soleil!
-le prix.

Bref, Lisez-le !

skizyk
02-01-2008
   Je viens de lire les deux premiers, j’aime bien ! C’est vraiment une série déroutante. Il y a un décalage complet entre la joie de vivre apparente des personnages et le quotidien gore et violent du monde crasseux dans lequel ils évoluent. Cette ambiance légère et désinvolte dans un si sombre univers fait presque de Dorohedoro une série humoristique ! Du moins ça serait le cas s’il n’y avait pas l’intrigue sérieuse et mystérieuse autour de Caiman et du lien entre Hole et le monde des Mages… Il est d’ailleurs assez étonnant de voir que même ces « méchants » sont intéressants et drôles, à leur façon. En ce qui concerne le dessin, j’aime bien, les combats sont bien faits, et ce alors que je ne dispose que des tomes a l’impression ratée. J’ai hâte de voir ce que cela donne « en vrai » dans les tomes 3 et 4, même si vu leur prix je en compte pas me les offrir tout de suite…

Herbv
24-11-2007
   Enfin, le volume 4 de Dorohedoro vient de sortir ! Après deux années et demi d’attente, les rares fans de la série, malheureusement, vont enfin pouvoir lire la suite des aventures de Caïman. En effet, des ventes catastrophiques ont obligé Soleil Manga à interrompre le titre le temps de trouver de nouvelles conditions financière à l’édition du titre. Cela se traduit pour les lecteurs par une augmentation notable du prix qui passe à un peu moins de 12 euros mais cela ne doit pas poser le moindre problème étant l’extraordinaire qualité de l’histoire proposée par Q-Hayashida, l’auteure. "Cela le vaut bien", pourrait-on dire, surtout quand on voit le nombre de mangas plus que médiocres vendus au-delà de 9 euros. Il ne reste plus qu’à espérer que Dorohedoro n’ait pas trop à souffrir commercialement de ce long hiatus dans sa sortie.

Nous avions donc laissé d’un côté, Caïman s’affairant à régler le problème fongicide de Nikaidô alors que de l’autre, Shin, Ebisu et Fujita étaient confrontés au même soucis de transformation en champignon. En effet, "l’énervement passager" d’En avait fait quelques dégâts, après qu’il ait reçu un coup magistral de la part de Nikaido, alors à la recherche de Risu. Entre les deux camps, ce dernier, temporairement ressuscité, en avait profité pour s’enfuir afin de retrouver son meurtrier. Dès les premières pages du volume 4, nous retrouvons Le Doc et le professeur Kasukabe s’affairer sur le dos de Nikaidô afin de la sauver. Cela fait, il ne reste alors plus qu’à repartir de plus belle à la recherche de l’identité réelle de Caïman, mais en prenant le temps d’une petite pause sous la forme d’un match de baseball. Dans le monde des mages, alors que Risu remonte petit à petit la piste devant l’amener à comprendre les raisons de sa mort, En et Shin sont en difficulté en face d’une Moi transformée involontairement par la magie d’Ebisu. C’est que la vie n’est pas simple, quelque soit l’endroit où on se trouve…

Dorohedoro est incontestablement un des titres les plus enthousiasmant de cette fin d’année. C’est avec un plaisir sans limite que l’on retrouve, ou que l’on découvre pour les nouveaux lecteurs, l’univers original, nonsensique et gore mis en place par la mangaka grâce à la présence de personnages peu manichéens, à un grand usage de dialogues décalés, à un humour teinté d’autodérision et l’existence de deux mondes particulièrement bien étudiés donnant une atmosphère très particulière. Si ce volume ne semble pas trop faire progresser l’intrigue principale, il apporte quand même son lot de révélations et prépare superbement le prochain volume de la série. Une suite qu’on n’aura pas à attendre longtemps, pour une fois, car elle doit sortir dans les tous premiers mois de l’année 2008.

bub
25-09-2005
   L'univers de Dorohedoro est riche et sort vraiment de l'ordinaire. Tout est bien pensé, réfléchi, logique.
L'histoire, qui tient bien en haleine, est gore, certes ( rien de plus cependant par rapport Gunnm par exemple ), mais c'est aussi vraiment drôle et loufoque. Qu'on se le dise, Dorohedoro est un monument de l'humour décalé. Tout marche de travers dans cette bonne ville de Hole à cause des dégâts que font les mages.
Chaque chapitre nous apprend son lot de révélations, mais on se pose à chaque fois encore plus de questions!
Heureusement, l'auteur a pensé à nous et à la fin de chaque volume il fait un petit récapitultif de tout ce que l'on a appris... Et au final on se pose encore plus de questions! ^^
De plus, chaque fin de volume est accompagné de petits bonus qui sont des trésors d'inventivités!

Le dessin est magnifique. Le trait de l'auteur rappelle à certains moment celui de Nihei Tsutomu, l'auteur de Blame!
Le manga est publié dans une édition plutôt classe ( avec les pages couleurs ) pour un prix très honnête compte tenu de la qualité de l'ouvrage.

Je me suis régalé!

Fred
03-02-2005
   Ce manga est excellent, le storyboard est pour ma part tres original(Qui est celui qui transforma Caiman???quel est le symbole de la croix sur son oeil???), les personnages sont d'autant plus accrocheur que mystérieux et surtout les desseins dégagent une violence jamais ressentie en lisant d'autres bande dessinées.
J'ai adoré cette série dès la première lecture et m'impatiente contre Soleil qui ne fait que repousser la date de parution du T3!!!

Langage SMS, injures, allusions aux scans interdits. Merci également de développer un minimum votre avis.
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