Sommet des dieux (Le) par Jirô Taniguchi / Yumemakura Baku - 2000
5 volumes (édition terminée) - Kana
5 volumes (édition terminée) - Shueisha
Sens de lecture japonais - 170x240 mm - 18€
Pas de planning
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En 1924, deux alpinistes, Mallory et Irvine, tentent la première ascension de l'Everest. Odell, géologue, fait parti de l'expédition mais n'a pas été choisi pour la terrible ascension. Il est le dernier à voir les deux alpinistes avant qu'ils ne disparaissent sans que l'on sache ce qui leur est arrivé. En 1993, Fukamachi, photographe, est à Katmandou après avoir accompagné une expédition japonaise pour une ascension de l'Everest qui s'est mal terminée. En furetant dans les boutiques, il tombe sur un vieil appareil photo cassé qui va le conduire jusqu'à Habu Jôji, grimpeur de génie japonais qui a disparu de la circulation quelques années auparavant...

Le sommet des dieux est un manga en 5 volumes prépublié dans le Business Jump (comme Sing yesterday for me ou Gunnm), et basé sur le roman de Yumemakura Baku qui souhaitait, semble-t-il, que si adaptation en manga il y avait, ce soit Jirô Taniguchi qui s'en charge. Jirô Taniguchi qu'on connaît en France surtout pour ses récits intimistes du quotidien, Le journal de mon père (qui a bénéficié d'une toute récente réédition en un volume en mars 2004 dans la collection Ecritures de Casterman), L'homme qui marche (réédité en septembre 2003 également), Quartier lointain (qui a remporté l'Alph-art du meilleur scénario à Angoulême en 2003), ainsi que pour ses mangas historiques, le calme et pas forcément très accessible Au temps de Botchan avec Natsuo Sekikawa au scénario (en cours d'édition aux éditions du Seuil) et, dans un style plus "guerrier", Le livre du vent écrit par Kan Furuyama.
Le sommet des dieux est l'occasion de découvrir sa manière de mettre en scène l'alpinisme, thème jusqu'à présent pas du tout représenté dans le paysage manga francophone, dans la toute nouvelle collection de mangas d'auteurs que lance Kana, désireux semble-t-il d'intéresser un public bien différent de son public habituel, plus tourné shônen d'action.

Le style de dessin de Taniguchi présente toujours des personnages assez "massifs", sinon dans leur physique (difficile de voir le gamin de 14 ans de Quartier lointain comme physiquement massif), du moins dans leur maintien, leurs postures, leurs attitudes. Un style qu'on dit souvent assez figé et qui convient donc à merveille à un manga d'alpinisme où la montagne tient évidemment un rôle clé, dégageant toute sa force lors de scènes assez contemplatives, faussement calmes alors que le drame et la tragédie sont au bout du piolet, où les personnages doivent présenter une certaine stature pour être crédibles dans leurs combats pour leur survie contre les éléments naturels. Le trait est ici très fin et précis, extrêmement détaillé, que ce soit dans les visages, les regards étonnament expressifs, ou le matériel et les paysages, la montagne dans ce qu'elle a de plus beau et impérial, dégageant énormément de force tranquille et de poésie, mais tout en étant sans pitié ni conscience ni jugement, face à laquelle on ne peut ni tricher ni mentir.

Je suis loin d'être une fana de montagne mais force est de constater qu'il est vite difficile de se détacher de ce manga que ce soit durant les lentes phases d'ascension aux plans vertigineux ou les phases de souvenirs, quand Fukamachi se lance à la poursuite d'un grimpeur hors norme mal aimé, au travers des yeux de ses anciens camarades, récits sans concession mais enrichis par le recul pris au fil des années.
On retrouve alors le style intimiste de Taniguchi dans notre lente découverte, au même rythme que Fukamachi, du personnage d'Habu Jôji, force de la nature qui pourrait susciter l'admiration de tous pour sa combativité et son abnégation, son don pour la grimpe, s'il n'avait pas un caractère aussi facilement détestable par d'autres côtés. Il en devient fascinant par les failles que l'on ressent en lui, derrière son masque d'homme au comportement difficilement supportable et facilement blessant pour son entourage qu'il n'épargne pas, avec une innocence désarmante et totalement inconsciente, un être exigeant et hyper indépendant dans un milieu où tout passe par la confiance en les capacités de l'autre en cas de problème. Il n'accepte aucune concession, aucun compromis, se refusant, parfois assez puérilement, à renoncer ou à abandonner quand il a un objectif en tête, alors prêt absolument à tout pour l'atteindre. Un type qui ne vit que par et pour la montagne, aussi brut qu'elle, sans vraiment savoir s'il l'aime ou la déteste, la craint ou la respecte, qui ne voit sa vie que comme une succession de défis à relever de la manière la plus rapide et donc difficile qui soit.
Contrairement à un autre alpiniste que l'on rencontre par la suite et qui dit utiliser sa peur pour grimper, ce sont la colère et la frustration face à une vie qui ne fait pas de cadeau qui donnent à Habu la force de continuer encore et toujours, dans une montagne par laquelle il se sent exister, loin des hommes qui ne le comprennent pas et avec lesquels il n'est pas fait pour cohabiter, surtout dans une société japonaise codifiée dont il ne suit aucune règle.
Il est loin néanmoins d'être infaillible, imbattable, il peut même se planter tragiquement, ce qui devient vite difficile pour un homme qui refuse toute remise en question et qui tire toute sa force de sa confiance en lui. Alternent alors les moments où, sûr de lui, il semble capable de tout et les autres où on croit voir un gamin irascible, irresponsable, immature et fragile en face de soi.
Un personnage complexe et fascinant à découvrir à demi-mots, comme Taniguchi se plaît à le faire.
Difficile alors de savoir vers quelle piste, dans quelle direction vont se tourner les 4 volumes suivants...

Le livre en lui-même est assez impressionnant: une carrure de camionneur (170x240 mm) et le poids qui va avec, 318 pages bien imprimées sur un papier assez épais, 6 magnifiques pages couleurs sur papier glacé et pour les pages bonus, un mot de Yumemakura Baku sur les circonstances de l'adaptation de son roman en manga, un mot de Taniguchi et deux pages sur ses oeuvres. Le prix en devient assez élevé (18€) mais on notera que c'est également le cas de son prix au Japon: 1050 ¥ (8€) pour un volume alors que pas mal de mangas sont entre 390¥ et 505¥ (environ 3 ou 4€).


- un dessin superbement maîtrisé, qui nous offre des visages comme des paysages splendides
- des personnages forts et complexes, qu'on apprend à découvrir au fil des pages
- un scénario assez imprévisible qui se focalise pour le moment sur la construction d'un homme au travers de ses défis à la montagne
- un bel objet...
- un prix assez conséquent mais aidé par une fréquence de parution assez lente (volume 1 en mars, volume 2 en juin)
- ça sent bon le fauve et l'hormone mâle donc pour un gramme de féminité, il faudra repasser (pas un défaut en soi)...

Dernière oeuvre en date du prolifique Jirô Taniguchi, voici qu'il nous livre l'adaptation en 5 volumes d'un roman d'alpinisme de Yumemakura Baku. La découverte inattendue d'un objet du passé, capable de peut-être révolutionner le monde de l'alpinisme himalayen, va conduire un photographe japonais hanté par les drames de la montagne sur les traces d'un légendaire grimpeur mal aimé. Au milieu de paysages grandioses superbement retranscrits sur papier, Le sommet des dieux nous présente un de ces êtres qui semblent si petits face à la montagne mais qui ne peuvent se sentir exister sans elle...


Nombre de volumes lus: 1 au 28-03-2004
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Faeliane
30-03-2009
   Cette série en 5 tomes est magnifique. La montagne nous domine et nous écrase, majestueuse et dangereuse. Et pourtant, on se prend à l'aimer autant que les personnages de cette histoire, à vouloir nous aussi prendre la route pour contempler les versants enneigés. Les dessins sont d'une beauté et d'un réalisme inouis, et séduiront les lecteurs les plus exigeants. En résumé, cette série est une petite merveille, comme on aimerait qu'il en existe plus

cicero
20-08-2006
   sans lire l'histoire, mais juste en feuilletant les pages,on prend une claque graphiquement car c'est vraiment énorme,super beau les visages des persos sont trés réalistes, tout ceci nous donne un "air" vivant à l'oeuvre.L'histoire est interessante,auune révolution à noter mais les personnages ont un but, une passion et donc on aime suivre leur parcour.Concernant l'édition Kana a fait du trés bon boulot, trés belles jaquettes,pages grands format,et papier de bonne qualité,et 300 pages tout de même.....mais au prix ou l'oeuvre est vendu 18 euros.....aarrrrrrhhh seul hic, mais c'est une serie qui merite d'etre découvert

Rambozo
26-05-2005
   Attention manga culte!
J'ai acheter ce manga un peu par defaut,je ne savait plus quoi prendre pour enrichir ma deja consequente collection.
Je me demmandais en quoi une histoire d alpinime pouvait etre passionnante et si le prix n etait pas exessif(17€ le tome).
Que je me trompais.J ai adoré ce manga comme aucun (planetes et 20th compris!)et je n arrete pas d y repenser.
Cet achat est indispensable pour tout fan de seinen , de dessins soignés ,et tout simplement de belles histoires .
Lancer vous ,vous serez conquis!

Fepalnikos
05-11-2004
   Un superbe manga pour tous ceux qui aime un tant soit peu la montagne et le défi qu'elle représente dans l'imaginaire de l'homme. Le dessin est comme toujours avec Taniguchi: irréprochable, la narration est assez lente mais totalement maitrisée, le scénario très prenant et les personnages crédibles. VIVE TANIGUCHI

Herbv
27-06-2004
   Je viens de terminer la lecture du volume 2 du Sommet des dieux et je n'ai pas aimé, mais alors, pas du tout. Pourtant, j'avais fait attention à le lire avant L'orme du Caucase, me doutant qu'il ne resisterait pas une seconde à la comparaison. Et bien, même dans cet ordre, je l'ai trouvé mauvais, impression renforcée après la lecture de la superbe compilation de nouvelles tout juste parue chez Casterman.

En fait, je n'ai pas accroché un seul instant à l'histoire et aux personnages à part dans l'épisode intitulé Sargamatha où Habu participe à une expédition qui s'attaque à l'Everest. Je dois avouer qu'il y a un certain souffle à ce moment mais, bon sang, que le reste du volume est poussif, notamment dans les Grandes Jorasse ou l'histoire entre Fukamachi et Kayoko qui me semble plaquée artificiellement au récit du passé d'Habu et qui n'apporte strictement rien (pour l'instant tout du moins) au lecteur sinon un grand ennui tellement c'est caricatural. Je vous ferais grâce du simili enthousiasme que l'adaptateur et le lettreur tentent de donner à leur adaptation qui tombe totalement à plat et qui m'a prodigieusement agacé une grande partie du temps.

Reste un dessin splendide, surtout pour les paysages et les objets et mais toujours insupportablement figé pour les personnages. Parfois ça passe bien avec le propos, mais le plus souvent je trouve que c'est en totale dysharmonie avec l'action. Et ces visages... Il faudrait que Taniguchi apprenne à les varier :) Pour moi, définitivement, il est totalement incapable de faire passer de l'action et de la variété dans son dessin. Je continuerais la série car je me dis que le volume 3 ne pourra pas être aussi mauvais, ce qui m'encourage :)

Herbv
04-04-2004
   Voici une petite déception. Je suis loin de trouver ce manga aussi bon que cela et sûrement pas au point de l’encenser l'ont fait certaines personnes sur le forum. Je trouve qu'on est très loin des chefs d'oeuvres de Taniguchi comme Le Journal de mon père, Quartier lointain et L'homme qui marche. Je trouve même Kaze no Sho largement supérieur au Sommet des dieux.

Si ce manga est un très bon divertissement avec de superbes dessins (hormis l'incapacité chronique du mangaka de dessiner des personnages réellement différents), cela ne va pas plus loin. J'accroche assez peu à l'histoire de Habu que je trouve très convenue et assez prévisible. J'attends de voir comment elle va évoluer lorsqu'on va revenir à l'instant présent. Je dois dire que j'ai largement préféré la première partie, celle qui traite de l'appareil photo, la seconde qui traite de la genèse d'un alpiniste hors pair et à laquelle je n'ai pas adhérer une seconde. Je ne dirais pas que je me suis ennuyé à la lire mais je l'ai trouvée longue, lourde narrativement et assez peu intéressante. J'ai bon espoir que les volumes suivants soient de meilleure facture mais pour l'instant, je ne suis pas loin de penser que l'auteur n'est pas à l'aise dans les récits longs.

Ben
03-04-2004
   Oui superbe 1er volume avec de beaux moments de bravoure, de douleurs, de larmes et de peine. Mais que c'est beau et frais!! On croirait y être tant Taniguchi est un maître pour insuffler le réalisme auquel il tient tant.
Il fait vraiment partie des meilleurs et le prouve encore!!!

Kyoshiro
29-03-2004
   Ce manga est assez représentatif du travail de Taniguchi. Un dessin soigné, des détails précis avec une vraie recherche graphique.
En dehors du fait que je sois fan de cet auteur (lisez quartier lointain!) je suis tombé sous le charme de cette oeuvre qui promet du suspens, vu la trame de l'histoire et la complexité des personnages...

Voilou, un des meilleurs Taniguchi, à lire absolument.

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