12 mois par Mari Okazaki - 2002
2 volumes (édition terminée) - Akata/Delcourt
2 volumes (édition terminée) - Shueisha
Sens de lecture japonais - 115x175 mm - 5,75€
Pas de planning
Couvertures japonaises Couvertures françaises

Donnez votre avis
Lire les autres avis

Préfecture de Mérino, dans un Japon pas vraiment ordinaire. Tosashi sent l'été arriver. En compagnie de son cochon Chinen qui la suit partout et aimerait tant réussir à communiquer, elle joue, découvre, vit au jour le jour en compagnie de sa bande d'amis : Dorimi la déléguée de classe, Merino aux ailes dans le dos, Chika qui l'aime en secret et Seiji le grand frère protecteur. Tout ce petit monde virevolte au gré des saisons jusqu'à l'arrivée de Shû, beau jeune homme dont la venue va tout bouleverser, faisant connaître joies et peines à ces jeunes gens découvrant la vie, s'ouvrant à l'amour.

12 mois est un manga en 2 volumes de Mari Okazaki, dont Akata/Delcourt nous a déjà fait découvrir Déclic amoureux, BX, Le cocon, etc. (à noter, un petit article sur la mangaka, à découvrir si ce n'est pas déjà fait...). Un manga où l'auteure développe un univers totalement personnel, faisant un peu penser à celui qu'on pouvait déjà ressentir dans certaines nouvelles du recueil Le cocon.

Ressentir, c'est bien le terme à employer avec le style de Mari Okazaki. 12 mois apparaît alors un peu comme un mix de l'imaginaire débridé d'un (allez, soyons fous !!) Taiyou Matsumoto, créant ses propres règles dans son propre univers, et d'un dessin, sans oublier une narration, typiquement shôjo.
Ainsi, dans le monde de 12 mois, entre onirisme et réalité, les cochons sont des animaux de compagnie qui portent des culottes en laine l'hiver, les élèves viennent en cours avec des oreilles de lapin sur la tête tandis que le prof porte un costume intégral et anonyme avec fermeture éclair, les jeunes filles peuvent avoir des ailes de libellule dans le dos, l'été est tiré par des gens qui parcourent ainsi tout le pays pour apporter la belle saison, les petits frères sont par portée de 15, les personnes âgées sont vraiment très très âgées (400 ans et toujours frais !), etc. Bref, un univers assez délirant, sans limite où le terme de normalité n'existe pas (heureux monde !) mais où les sentiments sont totalement et si banalement humains, confinant alors à l'extraordinaire la plus classique des journées.

Ainsi, rencontrons Tosashi, Dorimi, Merino, Chika et son frère Seiji qui vivent en harmonie et au jour le jour, profitant de chaque instant. Jusqu'à l'arrivée du beau Shû, énigmatique garçon qui fera craquer quelques coeurs. Les sentiments se dévoilent alors et l'on découvre au fil des chapitres et des saisons le point de vue et le ressenti de chacun des personnages, l'un après l'autre, apportant alors une profondeur et une complexité à chacun d'entre eux.

On retrouve l'obsession habituelle de beaucoup d'histoires d'Okazaki, le toucher, sens qui ne semble pourtant pas le plus développé dans une société japonaise où les contacts physiques restent discrets. Le toucher pour combler un vide en soi, pour sentir l'autre et ainsi se sentir soi-même quand on craint de ne même plus être là. Toucher pour se sentir exister, pour sentir son corps, pour sentir sa propre réalité. Un sens du toucher à opposer à tous ces amours platoniques qui pullulent dans les shôjo manga habituels, où les amoureux transis n'osent même pas se regarder.
Après BX où la jeune Nenohi était bouleversée par le corps du boxeur Usagi, c'est ici Tosashi la fana de toucher qui adore tout serrer contre elle. Jeune fille totalement libérée, spontanée, naturelle, espiègle, à la bonne humeur communicative, excitée au moindre rayon de soleil, elle est chamboulée par l'arrivée de Shû, découvrant alors sans les comprendre des émotions et des ressentis qu'elle n'imaginait pas avec son innocence d'enfant devenant femme. Pas du genre à se prendre la tête, elle dira haut et fort son besoin de toucher l'autre. Besoin vite rassasié mais finalement jamais satisfait : une envie en appelle une autre. Elle se fera alors quantité de films sur le jeune homme mais...

Dorimi, elle, est en fait l'inverse total de Tosashi: très responsable mais réservée, timide, complexée à l'extrême, laissant toujours les autres passer avant elle, elle n'a aucune confiance en elle et se juge très très sévèrement, pensant ne rien avoir à apporter aux autres. Pourtant, elle a un charme qu'elle ne se connaît pas et qui ne demande qu'à s'épanouir, un peu comme le papillon sortant de sa chrysalide.

Enfin, pour en terminer avec notre trio féminin, il y a l'énigmatique Mérino avec ses ailes dans le dos. Son rôle est plutôt celui de spectatrice de tout ce qui se déroule, ayant un énorme recul et pouvant ainsi voir et comprendre tout ce qui se passe autour d'elle. Cela fait d'elle la reine des bons conseils, que ce soit pour Tosashi qui ne se rend jamais compte de rien par sa façon de tout prendre au premier degré, d'instinct donc sans aucun recul, ou pour Dorimi, totalement aveuglée par sa mauvaise estime d'elle-même qui lui fait louper tout son entourage par son manque de spontanéité à force de tout intellectualiser. Là où Tosashi dit tout haut ce qu'elle pense mais ne sait hélas pas décoder tout ce qu'elle ressent, là où Dorimi enfouit tout ses sentiments de peur de les laisser se dévoiler, Mérino est celle qui dit aux autres tout ce qu'elle voit d'eux pour les guider... alors qu'elle ne sait pas elle-même ce qu'elle doit vivre ou faire, jouant la mère là où elle-même a tout à découvrir. Devenant alors un peu jalouse de rester passive et spectatrice de sa propre vie, ne comprenant pas ce que sont les sentiments, les émotions qu'elle voit ses amies connaître mais pas elle. Mais il suffit parfois de peu de choses pour s'éveiller...

L'arrivée de Shû déclenche un véritable tourbillon d'émotions, avec l'arrivée de l'été. Puis les saisons passent, les émotions grandissent, évoluent, se dévoilent ou flétrissent. Voilà d'ailleurs la bonne idée narrative de ce manga, suivre le rythme des saisons pour nous mettre en scène et en image l'évolution des personnages au rythme du temps qui passe, du temps qui change, comme si les émotions suivaient le même rythme que le soleil ou les nuages.

La caractéristique principale d'Okazaki reste son dessin. Si l'on n'y est pas allergique, il se révèle alors d'une sensualité désarmante, sensualité qui fait écho à cette obsession du toucher déjà mentionnée. Rendre la sueur qui dégouline aussi sexy, c'est très fort ! Le poids d'un corps, les feuilles qui crissent, un feu qui craque, la rosée qui mouille les pieds, etc. On ressent toute la moiteur d'un été, le froid transperçant d'un hiver, tout en suivant l'éveil à la féminité de ces adolescentes par la découverte de l'amour, passant de l'état d'enfants à celui de jeunes femmes.
La narration y est toujours autant éclatée, donc un peu déstabilisante, demandant au lecteur d'accepter de se laisser transporter dans un monde fait de sensations pures, sans passer par la case Raison. Les pensées des personnages nous sont présentées sans détour, sans rangement, nous montrant ainsi leur perplexité, leurs doutes, leurs coups de coeur qui chamboulent tout sans crier gare. Cela donne alors évidemment une vie et une énergie énomes à chaque page, chacune étant alors bourrée de détails, foisonnant de petites choses qui ne se remarquent pas au premier coup d'oeil et créent un arrière-plan dense et complexe où tout s'entrecroise.
L'innocence charmante de Tosashi est alors une invitation à la bonne humeur, nous faisant redécouvrir et ressentir des choses simples mais essentielles. Difficile alors de ne pas refermer les deux volumes avec un petit sourire aux lèvres, comme apaisé par la douceur, la vie et la tendresse qui se dégagent de chaque page.

12 mois volume 1 laissait ses quelques dernières pages pour une très courte nouvelle, peut-être anodine mais touchante, une nuit de printemps.
Mais 12 mois se termine en page 122 du volume 2, laissant alors sa place à 12 heures, une nouvelle. Si son histoire est bien différente, puisqu'on passe de la joie de vivre et de goûter chaque instant à la souffrance d'une jeune femme que son copain vient de larguer, on retrouve encore et toujours cette obsession du toucher et cette sensualité extrême des dessins, des silhouettes, des personnages.
Une ville animée, une foule qui bouge... mais la solitude comme unique compagnon d'un soir où l'ivresse fait appeler des inconnus pour casser cet isolement. Pour retrouver un peu de chaleur humaine et peut-être enfin pouvoir montrer une souffrance qui est bien là mais qu'on ne pouvait que cacher face aux autres. Les autres, ceux qui n'auraient pas compris, eux-mêmes pris dans le cercle de leurs soucis, de leur égoïsme, de leurs faux semblants sociaux. La tristesse, la souffrance doivent être cachées, jamais montrées, ce serait faire preuve de grande faiblesse autrement et la société n'aime pas les faibles. Mais cette souffrance et cette tristesse existent, même si on ne veut pas la voir. A quoi bon alors détourner les yeux alors qu'elles sont en chacun de nous ?
Dans la froideur d'une cité inhumaine, c'est peut-être simplement la chaleur et le contact des autres qui manquent le plus. Pour ne plus se sentir si désespérement seule et inutile.
Une superbe nouvelle qui prend le temps de nous prendre avec elle, ne faisant donc pas que du remplissage de volume.

Droits images et couvertures: © Mari Okazaki 2001 - publié au Japon par Shueisha Inc., Tokyo


- un dessin délicat, ultra-sensuel
- des personnages complexes, attachants, tout simplement humains
- des sentiments et des émotions palpables et subtilement décrites dans un univers onirique et dépaysant
- une petite touche d'humour
- une narration un peu folle, éclatée, rythmée...
- une narration qui peut donc perdre et décourager le lecteur qui n'accroche pas au style...
- car voilà un style à part auquel on accroche ou pas du tout...

Poétique, onirique, simple et brillant, voilà un manga débordant d'une joie de vivre communicatrice qui met du baume au coeur quand arrivent les premières gelées de l'hiver ou quand les premiers bourgeons du printemps ne demandent qu'à sortir.


Nombre de volumes lus: 2 au 18-02-2006
Retour liste manga


Maddie
25-08-2007
   12 Mois...
Douze mois reste "beau" et "mystérieux" même après de nombreuses relectures, chaque image ouvant être vue des dizaines de fois en gardant toujours un charme incroyable. On peut lire, comme mmoi, 12 mois de nombreuses fois sans connaître réellement les images, en découvrant à chaque fois des éléments nouveaux, en saisissant une nouvelle part de l'âme de son monde. Il en est de même avec les personnages, certains actes, réactions, peuvent continuer à surprendre, à faire rire, bref à passionner même en connaissant le déroulement de l'histoire.
Les personnages de Mari Okazaki ne sont pas artificiels comme ceux de certains shojo mangas, l'héroïne ne finit pas forcément dans les bras de celui qu'elle aime, elle ne finit d'ailleurs que rarement dans les bras de quelqu'un...
Ce qui rend chaque univers réel, malgré les ailes de libellules, malgré les cochons à culottes de laine, malgré les tireurs d'étté...

Elisa
09-06-2006
   J'ai trouvé cette serie interessante au niveau graphisme, mais pas agréable à lire du tout ! La narration est très confuse et elle m'a beaucuop embrouillée.

Mélanie
04-04-2006
   j'ai vraiment adorée!! enfin bon en même temps c'est du Mari Okazaki...donc on aime ou on aime pas...
J'ai trouvé l'histoire courte a la fin du volume 2 vraiment super!
bref si vous aimez Mari Okazaki ou que vous voulez y découvrir je le conseil ^^

Langage SMS, injures, allusions aux scans interdits. Merci également de développer un minimum votre avis.
Tout avis posté sera vérifié avant d'être validé et d'apparaître ci-dessus.
Nom: Email:
Votre avis général :
Aucun
Votre avis sur ce manga?
Afin de confirmer que vous êtes une vraie personne merci de recopier les lettres que vous voyez ci-dessous
Recopiez le code   
Retour liste manga