Cratère (Le) par Osamu Tezuka - 1970
2 volumes (édition terminée) - Tonkam
2 volumes (édition terminée) - Akita shôten
Sens de lecture français - 110x170 mm - 8,40 €
Pas de planning
Couvertures françaises Couvertures japonaises

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19 histoires: Double drame - L'homme qui fondait - Le routier des neiges - Tout au fond de la grotte - Les trois intrus - Le plus grand des voleurs - Le serpent à deux têtes - Ryuichi a la belle vie - Le masque de Tomoe - Ryuichi fait une étrange expérience - La maison octogonale - Mort pour la patrie - La clochette - La buvette au bord de la route - Quand les bemms sont violets - Le sacrifice - Le cratère - Les enfants de la mer - Le gardien du lac

Osamu Tezuka nous livre dans ces deux volumes de recueil 19 histoires courtes qui reprennent chacun des thèmes que le maître aborde très souvent. Illusions, choix de son destin, l'amitié et la haine, le bien et le mal, la guerre... Au niveau du dessin ça ne surprendra personne, c'est du Tezuka, on aime pour son côté dynamique, vivant, son style toujours adapté à son histoire, mais certains n'aimeront pas et le qualifieront de vieillot (chacun ses goûts...). Narration toujours recherchée, réussie, qui rend la lecture assez passionnante, facile et prenante. On retrouve souvent en personnage central de ses histoires le jeune gars à la mèche rebelle, Ryuichi, tour à tour voyou, dessinateur de manga, sportif, soldat, autour duquel gravitent plein d'autres perso tous ayant leur rôle à jouer, toujours utiles, jamais uniquement faire-valoir juste là pour faire beau, toujours au service d'une histoire qui même si elle est courte prouve bien que la qualité n'est pas forcément tributaire du nombre de pages. En quelques pages Tezuka voit juste et parle des hommes avec l'humanisme qui caractérise chacune de ses oeuvres... En quelques lignes je vais tenter d'aborder quelques uns des sujets qui semblaient chers à ses yeux...

Tezuka, le manipulateur d'illusions...

Dans ces 19 récits, il est un thème qui revient très souvent c'est celui de l'illusion.
Illusion d'abord rêve pour échapper à la froideur du quotidien comme pour la jeune fille de "Double drame" mais qui tourne vite au tragique si l'on perd les sens des réalité au profit de nos chiméres.
Illusion reflet de notre culpabilité pour les personnages de "La clochette", illusion qui nous emprisonne et gouverne notre vie si l'on n'est pas assez fort pour y faire face.
Illusion trompeuse faisant croire que la vie des autres est toujours mieux que la nôtre: les 2 personnages de "Double drame" qui ont l'occasion de voir ce que vaut la vie qu'ils convoitaient tant et comprennent que chaque vie a son lot de fardeaux, de joies, d'épreuves, de contraintes. On peut alors finir par accepter sa propre vie, faire face à son destin et prendre sa vie en main, l'important n'étant pas de quoi la vie est composée mais la manière dont on y fait face (ce qui reprend un peu le sujet global de Bouddha). Choix que fera le personnage de "Le plus grand des voleurs" alors que le personnage de "La maison octogonale" restera enfermé dans ses illusions et son indécision...
Illusion qui peut également aider, voire même sauver, comme le constate le jeune sportif de "La buvette au bord de la route"... Mais toute illusion, aussi belle et magique soit elle, est éphémère, la réalité nous rattrape toujours comme le comprendra la jeune fille de "Le sacrifice"...
Illusion comme signal d'alarme pour le jeune savant de "L'homme qui fondait". Obnubilé par ses recherches, il finira par ouvrir les yeux sur le risque de ses découvertes si elle finisse entre les mains de l'armée. L'armée justement que Tezuka dénonce ici (comme dans les 3 Adolf), montrant sa soif de pouvoir, son égoïsme, pouvoir puissant où la gloire et le patriotisme à outrance semblent plus importants que la vie elle-même. Allant même jusqu'à préférer la mort à la vie ("Le cratère"). Au risque bien sûr de voir ce même pouvoir se retourner contre elle ("Mort pour la patrie")...
Mais cette illusion a souvent comme origine la force de l'esprit, humain ou animal... Cette force dont la haine et l'amour peuvent jouer tout à tour.

La haine contre l'amitié... Le mal contre le bien...

La force de l'esprit peut apporter le malheur si elle dirigée par la haine, comme le montre "Le routier des neiges". Et à moins de réussir, d'une manière ou d'une autre à ne plus se laisser aveugler par cette haine, par la peur, à moins de réussir à adopter un autre regard, cette force nous est fatale.
Elle peut aussi nous sauver si c'est le bien qui la guide. "Tout au fond de la grotte", récit jumeau de "Le routier des neiges" en reprend le même thème mais en inversant le sens de l'illusion, là où la haine guidait le premier récit, c'est ici l'amitié qui sauvera le héros.
Mais la frontière est mince entre l'amour et la haine, que ce soit entre Ryuichi et Sasaki de "Le routier des neiges", rivaux au niveau sportif, qui ne pensent qu'à s'affronter mais liés d'une solide amitié faite de respect, ou entre Ryuichi et Kazuo dans "Tout au fond de la grotte", dont l'amitié souffre de la folie de Ryuchi mais qui sera néanmoins suffisamment forte et profonde pour le sauver.
Ces sentiments puissants que sont l'amour et la haine ne sont pas sans conséquence. Dans "Le serpent à deux têtes", la haine est ici raciste, et n'engendrera que de la haine en retour. Haine qui se retournera contre son instigateur premier, pris à son propre piège maléfique. Un peu comme dans "L'histoire des 3 Adolf", où toute la haine antisémite personnifiée en Hitler finira par le détruire. Mais tout comme Hitler avec son amour pour Eva Braun, le personnage principal de "Le serpent à deux têtes" montre également que même en étant le pire des hommes, il a un bon côté et connait l'amour, l'amour pour son fils. Les personnages de Tezuka ne sont jamais manichéens, tout blancs ou tout noirs.
On peut aussi retrouver ce thème de la confrontation entre la haine et l'amour dans le thème plus particulier de la laideur face à la beauté dans "Le masque de Tomoe". La laideur ou la beauté de corps et d'esprit. Deux faces d'une même pièce. Tout comme la haine et l'amour. Le mal et le bien. Tout comme les deux personnages de "Double drame", Jim le voyou, Ryuichi le riche. Tout comme Kaufman et Kamil dans "L'histoire des 3 Adolf". Et toujours finalement les deux personnages qui finissent par se mélanger, le mal et le bien dans une seule personne.
Dans un autre registre mais toujours sur ce thème de dualité, la douceur de la féminité et la force de la masculinité pour le personnage de "Ryuichi fait une étrange expérience". Les personnages de Tezuka sont comme ça, complexes, humains, torturés, ni blanc ni noir, jamais simples et encore moins simplistes, composés de mal et de bien, de douceur et de force, de doute et d'assurance... Comme tout être humain.
On pourrait aussi parler du thème de l'histoire qui se répète, qu'on retrouve dans "L'homme qui fondait" ou de manière plus heureuse dans "Ryuichi a la belle vie", où l'homme évolue car il apprend de ses erreurs passées. Thème que l'on retrouve dans "L'histoire des 3 Adolf" ou "Phénix". Avec toujours des notes de burlesque, quand par exemple Tezuka se met en scène, dans "Les 3 intrus"...

Parler d'un Tezuka est toujours difficile tellement ses manga sont denses, complexes et recèlent mille facettes... Et "Le cratère" ne fait pas exception. Ces quelques histoires, même si elles n'ont évidemment pas la profondeur qu'on peut trouver dans des oeuvres comme" L'histoire des 3 Adolf", "Bouddha" ou "Phénix", qui font quand même plus de 1000 pages, sont néanmoins très prenantes à lire, drôles, dramatiques, émouvantes, jamais prises de tête, on peut très bien les lire comme de simples histoires avec un début, un milieu et une fin, point, sans chercher plus loin, ou au contraire se chambouler un peu les neurones comme j'ai tenté de le faire (avec plus ou moins de réussite j'en conviens :)). Tezuka montre l'homme tel qu'il est, avec ses défauts et ses qualités, son habitude à tout détruire et à tout s'approprier tout comme sa capacité à réagir... Mais malgré cela, malgré tous ces mauvais côtés, Tezuka continue à croire en l'homme er en la vie...

Au niveau de l'adaptation, pas grand chose à en redire. Couvertures assez proches des originales (en 3 volumes), sens de lecture français, pas remarqué de grosses erreurs au niveau de l'orthographe ou de la grammaire (mais ça a pu m'échapper). Pas de problème d'impression, de colle, de pages malcoupées. Prix un peu plus élevés que pour les autres Tonkam, comme pour toutes les oeuvres de Tezuka. Nous vous arrêtez pas aux couvertures qui effectivement peuvent surprendre...


- dessin toujours dynamique
- narration recherchée et agréable
- histoires très diversifiées tout en reprenant quelques thèmes
majeurs
- du drame, de l'humour, de l'émotion
- histoires courtes, claires, qui vont droit au but
- personnages intéressants, ni tout blancs ni tout noirs...
- comme d'habitude avec les Tezuka, on aime ou on n'aime pas le dessin...
- prix qui en freinera plus d'un également

Un bon recueil présentant Tezuka et nous invitant à faire plus ample connaissance avec d'autres oeuvres plus profondes et plus travaillées du maître... Obligatoire quand on aime Tezuka...


Nombre de volumes lus: 2 au 31-03-2002
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Dolph Lundgren
13-03-2004
   Le Cratère, est une série plutot moyenne de sir Tezuka.

Les points forts :
-Un dessin vraiment réussi, j'aime beaucoup le style de Tezuka, simple (un peu trop parfois) et efficace.
-Des petites histoires plutot originales.

Les points faibles :
-Les petites histoires trop brèves, qui donnent une impression de "baclage".
-Ca jacte parfois pour ne rien dire.

Interet : Très moyen, le developpement de certaines histoires aurait été le bienvenu, hélas ce n'est pas le cas.

Herbv
07-03-2004
   Je viens de finir la "série". C'est assez médiocre quand on compare cette compilation d'histoires courtes à d'autres oeuvres du maître comme Ayako. Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal à lire ce recueil ne rentrant pratiquement jamais dans l'histoire racontée...

Je ne le conseille d'aux inconditionnels du mankaga car seules 2 ou 3 nouvelles surnagent à mes yeux. Le reste est sans grand intérêt entre des histoires plutôt faibles et un dessin qui a mal vieilli et bourré de tics graphiques qui m'ont pas mal agacé.

ness
14-04-2002
le cratere est le manga qui m a permi de decouvrir Tezuka et meme si le style de dessin peut surprendre au debut les 2 vol du crateres st splendides...
que dire de plus a travers cela tezuka ns fait partager ses idees et cela me donne envie de me mettre a ces autres mangas c est un excelent debut pour connaitre cet auteur!

Fredd
11-01-2002
Tezuka prouve en 2 volumes et en 19 histoires qu'il est tout autant à l'aise dans la forme courte que sur une fresque épique de milliers de planches.
Il rattrape le manque de profondeur inhérent à l'exercice du récit court par un surcroit d'humour, de bizarrerie, de suspense, de situations décalées,...
Un régal et une nouvelle preuve du talent multiforme de l'indispensable Tezuka.

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